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Le Printemps arabe a permis l'effusion de sang (patriarche chaldéen irakien)

09/02/2013 07:46 EST | Actualisé 11/04/2013 05:12 EDT

Le nouveau patriarche de l'Eglise chaldéenne, la plus importante communauté chrétienne d'Irak, a estimé samedi que le Printemps arabe avait été détourné au profit d'intérêts particuliers et avait ouvert la voie aux tensions et à l'effusion de sang.

Interrogé sur les conséquences pour les chrétiens des révoltes arabes de 2011, qui ont provoqué la chute de plusieurs dirigeants autoritaires (Tunisie, Egypte, Libye, Yémen), ainsi que sur le conflit en Syrie, Mgr Louis Sako a affirmé que ces changements avaient d'abord été porteurs d'espoirs.

Le Printemps arabe a débuté avec des appels à la liberté, à la démocratie et au développement, mais "malheureusement, ces revendications ont pris une orientation partisane", a déclaré Mgr Sako à l'AFP.

"Nous suivons la situation dans les pays du Printemps arabe. Où est le printemps ? Il y a des affrontements, des tensions, il y a du sang, de la corruption et un discours radical", a-t-il ajouté.

Ancien archevêque de Kirkourk et réputé pour être un homme de dialogue, Mgr Sako a été élu le 1er février à la tête de l'Eglise chaldéenne, succédant au patriarche Emmanuel III Delly qui avait pris sa retraite en décembre après avoir atteint l'âge limite de 85 ans.

L'Eglise chaldéenne, qui compte près de 700.000 fidèles et dont la langue liturgique est l'araméen --que parlait Jésus-Christ-- est une des plus anciennes au monde. Comme plusieurs communautés chrétiennes d'Irak, elle a été victime de persécutions, d'exil forcé et d'assassinats après l'invasion américaine du pays en 2003.

Le nombre de chrétiens d'Irak, qui était de 800.000 à un million avant 2003, est estimé aujourd'hui entre 450.000 et 500.000, parmi lesquels environ 300.000 catholiques, dont 80% sont des chaldéens.

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), des milliers de chrétiens ont fui après un attentat à la Toussaint 2010 revendiqué par Al-Qaïda contre la cathédrale syriaque-catholique de Bagdad, dans lequel 44 fidèles et deux prêtres avaient péri.

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