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Cinq morts dans une attaque contre un camp d'opposants iraniens en Irak

09/02/2013 01:03 EST | Actualisé 11/04/2013 05:12 EDT

Cinq personnes ont été tuées et une quarantaine blessées samedi dans une attaque au mortier et à la roquette contre un camp de réfugiés de l'opposition iranienne près de Bagdad, selon des responsables irakiens.

L'émissaire spécial de l'ONU en Irak, Martin Kobler, a réclamé une enquête officielle "immédiate" sur les circonstances de cette attaque survenue le matin et qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, la première depuis le transfert l'an dernier de quelque 3.000 opposants iraniens dans ce nouveau camp.

L'attaque a tué cinq membres de l'Organisation des moudjahidine du peuple iranien (OMPI) et blessé au moins 40 parmi les membres de ce groupe, ont indiqué des responsables de la sécurité irakienne. Au moins 40 roquettes ont été tirées sur le camp, selon l'un d'eux.

Dans un communiqué à Paris où elle a son siège, l'OMPI en exil a fait état de six morts, dont une femme, et d'une centaine de blessés. Elle cite le nom des morts et affirme que les "éclats montrent qu'il s'agit de roquettes de 107 mm".

Alors que des responsables de l'ONU "suivent cette affaire sur le terrain", le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Antonio Guterres, a condamné l'attaque en relevant que les résidents du camp étaient considérés comme "des demandeurs d'asile" et qu'ils devaient par conséquent "bénéficier d'une protection internationale".

"J'appelle le gouvernement irakien à faire le nécessaire pour garantir la sécurité des résidents, à trouver à et traduire en justice les auteurs de cet acte" a ajouté M. Guterres dans un communiqué à Genève.

L'Union européenne a également condamné l'attaque. "Nous sommes inquiets du fait qu'elle pourrait faire monter la tension (dans le camp)", a indiqué un porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Les Moudjahidine du peuple ont été fondés en 1965 avec pour objectif de renverser le régime du Chah, puis le régime islamique. Ils ont été chassés d'Iran dans les années 1980 après y avoir mené plusieurs attaques armées.

La plupart des membres du groupe se sont installés à Achraf en Irak pendant la guerre Iran-Irak (1980-88), avec le soutien du régime de Saddam Hussein, pour poursuivre leurs attaques armées contre l'Iran.

Les opposants iraniens restés comme réfugiés en Irak ont été transférés l'année dernière du camp d'Achraf au camp Hourriya (ou camp Liberty en anglais), près de Bagdad. Conformément à un accord de fin 2011 entre l'Irak et l'ONU, il s'agit normalement d'un lieu de transit avant leur départ d'Irak.

Dans son communiqué daté de Paris, l'OMPI a lancé un appel aux autorités internationales "pour faire revenir immédiatement à Achraf les 3.100 habitants sans défense du camp Liberty, qui sont dans un espace 80 fois plus réduit qu'Achraf et n'ont aucune protection".

Bur/psr/hj/sw

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