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Mondiaux-2013 - Descente messieurs: à la poursuite de l'ultime

08/02/2013 11:25 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

Dans la plus périlleuse des disciplines olympiques, les descendeurs sont des chercheurs de l'ultime, dont le corps est le véhicule de la vitesse avec le pauvre secours d'un casque et d'une protection dorsale.

Tenant du titre, le Canadien Eric Guay pose la problématique: "Le défi est de trouver jusqu'à quelle limite tu veux aller. Est-ce que la récompense vaut le risque?".

Audace, courage, euphorie, besoin, drogue, risques, blessure, danger: autant de mots qui évoquent la question sans pour autant l'englober.

Pour le Français David Poisson, cela remonte à la prime enfance. "Ce qui nous pousse, c'est le goût de la vitesse, le saut. Quand on est tout gamin, aller tout droit sur une piste et faire des sauts, c'est naturel. Après il y a l'accoutumance à la vitesse".

"On a toujours une petite appréhension, mais on a moins peur de la chute et de la blessure que du mauvais résultat", ajoute le Savoyard, victime d'un vol-plané fracassant dans la descente de Val Gardena, en décembre 2010.

"Si vous voulez être rapide, vous devez prendre des risques. On fait le job", souligne le Norvégien Aksel Lund Svindal, grand bonhomme de la vitesse. Fin novembre 2007, le Viking fut relevé fracturé en plusieurs points et entaillé profondément en haut de sa cuisse gauche par un de ses skis à Beaver Creek (Etats-Unis). "J'étais au sommet de ma forme, et tout à coup, je me suis retrouvé allongé dans un lit d'hôpital, incapable de bouger", avait-il expliqué durant sa convalescence.

Quelques années plut tôt, il s'était laissé aller à une confidence. S'il tentait le diable, c'était pour provoquer la mort qui lui avait enlevé sa maman à 8 ans.

Champion olympique en 1998, Jean-Luc Crétier possède désormais le recul du retraité. "Tu te bats contre toi-même et les éléments, pas contre les adversaires. L'ennemi c'est la piste, le tracé. On fait partie d'une confraternité. On a conscience aussi d'appartenir à un club spécial", remarque "Kabou", qui avait commencé sa carrière comme slalomeur.

Loin d'être un frein, les blessures seraient un moteur, selon le médaillé d'or des Jeux de Nagano. "Quand t'es blessé à la maison, t'attends qu'une seule chose: de recommencer", assure-t-il.

Jean-Philippe Vulliet, qui avait participé à la descente des Mondiaux-82 de Schladming, connaît bien le monde des filles, comme entraîneur puis directeur de l'équipe de France. "Elles ont une grande capacité à ressentir les choses, elles sont pragmatiques. Elles sont courageuses dans une discipline extrême".

"La vitesse, c'est contre-nature pour elles. Une question de testostérone. Mais, elles peuvent être surprenantes", renchérit Nicolas Burtin, entraîneur des descendeuses tricolores.

"Dans le portillon (de départ), j'ai une boule dans l'estomac, et j'ai l'impression que quand je prendrai ma retraite, c'est ça qui va me manquer le plus", ajoute Guay.

Crétier a, lui, la nostalgie du silence qui enveloppe là-haut l'aire de départ. Le grand calme avant la tempête de la plongée vers ses limites.

asc/pid

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