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Manifestations contre le pouvoir islamiste et la police en Egypte

08/02/2013 08:45 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont défilé vendredi en Egypte à l'appel de groupes de l'opposition "pour la dignité" et pour demander au président islamiste Mohamed Morsi de réaliser les objectifs de la révolution qui lui a permis d'arriver au pouvoir.

Au son de tambours, des drapeaux égyptiens à la main, les manifestants sont partis de plusieurs quartiers de la capitale pour se diriger vers la place Tahrir dans le centre-ville, et vers le palais présidentiel dans la banlieue d'Héliopolis.

"Le peuple veut la chute du régime", ont scandé les manifestants, tandis que d'autres qualifiaient le ministère de l'Intérieur de "voyou". A Tahrir, les contestataires ont accroché des bannières avec des slogans hostiles à M. Morsi et aux Frères musulmans, dont le président est issu.

Dans le delta du Nil, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule devant un bâtiment gouvernemental à Kafr el-Cheikh, tandis que les manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l'ordre. Et à Tanta, les policiers se sont heurtés aux manifestants qui tentaient de prendre d'assaut le conseil municipal, selon l'agence officielle Mena.

Ces nouvelles manifestations interviennent après plusieurs incidents liés aux brutalités policières ainsi que deux édits religieux (fatwas) appelant au meurtre des figures de l'opposition. La présidence a dénoncé ces fatwas comme du "terrorisme".

Cette semaine, la mort d'un militant pro-démocratie après plusieurs jours en détention a provoqué la fureur et a ravivé les appels à une réforme des services de sécurité. Ce décès est intervenu quelques jours après la diffusion, en direct à la télévision, d'images d'un homme dévêtu, traîné et battu par la police lors d'une manifestation devant le palais présidentiel.

Trente-huit formations de l'opposition avaient appelé à ce "Vendredi de la dignité", réclamant un gouvernement d'union nationale, une révision de la Constitution rédigée par une commission dominée par les islamistes et des garanties pour préserver l'indépendance du pouvoir judiciaire.

Après les fatwas contre des chefs de l'opposition, le ministère de l'Intérieur a renforcé la sécurité autour des domiciles de deux principaux opposants, Mohamed ElBaradei et Hamdeen Sabbahi, dont les noms ont été cités par l'un des religieux dans son édit.

M. ElBaradei, de tendance libérale, et M. Sabbahi, un nationaliste de gauche, sont tous deux membres du Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition laïque, opposée à M. Morsi.

Mercredi, M. ElBaradei s'était insurgé contre la lenteur du gouvernement à réagir à la fatwa. "Le régime reste silencieux alors qu'une nouvelle fatwa autorise à tuer l'opposition au nom de l'islam. La religion ne peut encore une fois être utilisée et détournée", a-t-il affirmé.

Jeudi, Al-Azhar, la plus haute instance de l'islam sunnite basée au Caire, a prévenu que de tels édits pouvaient conduire à "la sédition et au désordre".

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