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Israël: incendie criminel dans les bureaux du Beitar Jérusalem

08/02/2013 08:50 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

Des inconnus ont incendié vendredi les bureaux du club israélien Beitar Jérusalem, dont le recrutement de deux footballeurs musulmans a déclenché des réactions racistes d'une frange des supporteurs, a annoncé la police.

Cet acte intervient au lendemain de la décision de la justice israélienne de poursuivre quatre supporteurs du Beitar, accusés d'avoir entonné des chants racistes contre les deux nouvelles recrues pendant un match et un entraînement.

"Les bureaux ont été incendiés aux premières heures du jour et nous avons ouvert une enquête", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de Jérusalem, Shmulik Ben Ruby, qui a précisé qu'aucun suspect n'avait pour l'instant été identifié.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié ces agissements de "honteux". "Nous ne pouvons accepter de tels comportements racistes", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Ceux qui ont fait cela ne sont pas des supporteurs, mais des criminels", a affirmé le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat.

L'incendie a détruit la collection de coupes et autres souvenirs du club, a indiqué un responsable du bureau du club, Meïr Harouch. "Ils ont brûlé tous les symboles historiques de Beitar Jérusalem, les photos, les coupes, tout a disparu", a-t-il affirmé à l'AFP.

L'annonce le 26 janvier du recrutement de Zaur Sadaev et Dzhabrail Kadaev, deux joueurs musulmans du club tchétchène du Terek Grozny, décidé par le propriétaire du club, Arcadi Gaydamak, d'origine russe, avait provoqué les protestations du noyau dur de supporters du Beitar Jérusalem, connu pour ses débordements racistes, dont une banderole proclamant: le "Beitar pur à jamais".

L'ex-Premier ministre et ancien maire de Jérusalem (1993-2003) Ehud Olmert, fan déclaré du Beitar, avait alors annoncé qu'il n'irait "plus aux matches" du club tant que celui-ci n'aurait pas "exclu les groupes racistes".

Les supporteurs du Beitar sont connus pour leur ultranationalisme et leurs fréquents dérapages racistes anti-arabes, qui ont valu de nombreuses sanctions au club. Ils avaient fait scandale en 2007 en conspuant le nom du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par un extrémiste de droite.

Le club a été sanctionné à plusieurs reprises par la fédération israélienne de football, et tous ses matchEs contre des équipes de villes arabes israéliennes se déroulent sous très haute surveillance.

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