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Dopage - L'Australie réclame des comptes à ses sportifs

08/02/2013 06:14 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

L'Australie a exigé vendredi des instances sportives toute la lumière sur la pratique du dopage dans le pays et la mise à l'écart des tricheurs après la publication d'un rapport accablant qui accuse indirectement toutes les disciplines, rugby compris.

Ce rapport explosif a été rendu public jeudi par la Commission australienne du crime (ACC), une agence gouvernementale chargée de la lutte contre le crime organisé, le terrorisme, le trafic de stupéfiants et le blanchiment.

La commission, qui n'identifie aucun sport ni aucun athlète, constate "l'usage répandu" d'anabolisants, hormones de croissance et insuline "par les sportifs professionnels en Australie, fournis par les médecins du sport, les coachs et l'encadrement".

Elle compare même le scandale au cas Lance Armstrong, qui a avoué le mois dernier s'être dopé pour gagner notamment sept fois le Tour de France (1999-2005).

"Le jour le plus noir pour le sport", titrait vendredi en "Une" le Sydney Morning Herald. "Le sport en accusation", écrivait le quotidien à grand tirage Sydney Daily Telegraph.

Plusieurs hauts responsables politiques ont réclamé que des têtes tombent rapidement. "L'essentiel maintenant est d'établir les faits: quels joueurs, quels clubs", a notamment lancé l'ancien Premier ministre travailliste Kevin Rudd.

Les patrons de trois des sports parmi les plus populaires en Australie, le cricket, le football et le rugby, ont diversement réagi.

"Il n'existe aucune preuve spécifique permettant de désigner le cricket australien", a assuré le président de la Fédération de cricket, James Sutherland. Même son de cloche pour le patron du foot, David Gallop. "Le foot n'est pas particulièrement concerné", selon lui.

Leur homologue de la Fédération du rugby à XIII a de son côté admis sans ambages que des joueurs et des clubs étaient impliqués alors que ce sport jouit généralement d'une bonne réputation en la matière.

Le dopage "concerne plus d'un joueur et plus d'un club" dans le rugby australien, a déclaré Dave Smith.

La Fédération du rugby à XV a démenti que le dopage soit un problème dans ses rangs tout en s'engageant à renforcer ses contrôles.

"Il n'y a pas d'enquête à ce sujet actuellement dans le rugby", a assuré le patron de l'ARU, Bill Pulver. "Mais il serait naïf de penser que le problème n'existe pas aussi dans le rugby et c'est pourquoi (...) nous devons nous assurer que l'intégrité de notre sport reste intacte".

En 2006 et 2009, deux joueurs de rugby en vue, Wendell Sailor puis Justin Harrison, avaient été suspendus pour usage de cocaïne.

Dans les autres sports, les cas de dopage ont été plutôt rares ces dernières années, avec quelques cas fameux malgré tout comme le joueur de cricket, Shane Warne, en 2003 et les cyclistes Stephen Hodge et Matt White qui ont fait des aveux a posteriori lors de l'Affaire Lance Armstrong.

Le patron de l'Agence mondiale antidopage (AMA), l'Australien John Fahey, a promis des peines plus sévères pour les fournisseurs et les consommateurs.

Mais il a également lancé un appel aux sportifs repentis qui se dénonceraient et apporteraient une "assistance substantielle" dans le démantèlement des réseaux de dopage.

"S'ils sont pris, ils risquent d'être bannis du sport à vie. Pour réduire la sanction, l'opportunité existe aujourd'hui (de coopérer) et je les encourage à le faire", a déclaré John Fahey au quotidien The Australian.

Selon l'Agence australienne antidopage (ASADA), l'importation d'hormones peptidiques a explosé ces dernières années. Les saisies ont augmenté de 255% en 2012.

Selon le rapport de l'ACC, les trafiquants de produits dopants, de plus en plus liés aux organisations mafieuses, "profitent" d'un trou dans la loi australienne qui ne les considère pas comme des délinquants.

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