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Des extrémistes tuent neuf employées d'une campagne de vaccination au Nigeria

08/02/2013 11:20 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

KANO, Nigeria - Des hommes armés soupçonnés d'appartenir à la secte radicale islamiste Boko Haram ont tué, vendredi, au moins neuf femmes qui participaient à une campagne de vaccination contre la poliomyélite dans le nord du Nigeria.

Cette nouvelle attaque illustre les tensions religieuses qui entourent la vaccination des enfants dans l'un des rares pays où la polio est toujours présente.

L'attaque a choqué les résidants de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, une région à majorité musulmane. Les femmes allaient de maison en maison pour procéder à l'immunisation orale des enfants, puisque les familles musulmanes sont plus à l'aide de recevoir des femmes que des hommes chez elles.

L'attaque pourrait signaler une nouvelle vague de colère contre les campagnes d'immunisation au Nigeria, où des religieux ont déjà déclaré que les vaccins s'inscrivaient dans un complot occidental pour stériliser les jeunes filles.

La première attaque, vendredi matin, est survenue dans le quartier Hotoro Hayi. Des hommes armés arrivés en taxi ont ouvert le feu, tuant au moins huit femmes qui participaient à la vaccination, ont déclaré des témoins.

La deuxième attaque, qui s'est produite dans le quartier Unguwa Uku, a tué quatre autres personnes, d'après des témoins.

Les témoins ont tous réclamé l'anonymat par crainte de représailles des extrémistes de Boko Haram.

Une certaine confusion entourait le bilan des victimes. Le porte-parole de la police de l'État de Kano, Musa Magaji Majia, a déclaré que les attaques avaient seulement tué neuf femmes qui participaient à la campagne de vaccination.

Un hôpital de la ville a par la suite déclaré avoir reçu seulement deux corps de l'attaque à Unguwa Uku, ainsi que quatre blessés.

Les bilans précis des attaques au Nigeria sont difficiles à obtenir. Les forces policières et militaires ont l'habitude de minimiser le nombre de victimes, et les familles enterrent rapidement les morts avant le coucher du soleil, conformément à la tradition musulmane.

La police a déclaré n'avoir aucun suspect des attaques, mais les résidants soupçonnent les militants de Boko Haram. Le groupe, dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un péché», a été tenu responsable de plusieurs violentes attaques à travers le Nigeria au cours des dernières années.

Boko Haram a été blâmé pour la mort d'au moins 792 personnes l'an dernier au Nigeria, selon un décompte de l'Associated Press.

Le Nigeria est l'un des trois seuls pays au monde où la polio est toujours présente, avec le Pakistan et l'Afghanistan. L'an dernier, le Nigeria a enregistré 121 nouveaux cas d'infection à la polio, soit plus de la moitié de tous les cas répertoriés dans le monde, d'après l'Organisation mondiale de la santé.

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