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AE911: cinq lettres sur un Delacroix signant une théorie du complot du 11/9

08/02/2013 05:26 EST | Actualisé 10/04/2013 05:12 EDT

"AE911", les cinq lettres au feutre noir retrouvées vendredi sur un célèbre Delacroix du Louvre de Lens, sont aux Etats-Unis la signature d'architectes et d'ingénieurs qui défendent une théorie du complot pour les attentats du 11-Septembre.

"Nous croyons qu'il y a suffisamment de preuves pour conclure que les immeubles du World Trade Center ont été détruits non pas par l'impact d'avions et d'incendies mais par une opération de démolition contrôlée à l'explosif", peut-on lire sur le site internet de AE911, "Architects and Engineers for 9/11 Truth" (Architectes et ingénieurs pour la vérité sur le 11-Septembre).

Le principal raisonnement de ses quelque 1.700 membres revendiqués s'appuie, selon eux, sur une réalité scientifique: la combustion de l'essence d'un avion ne génère pas assez de chaleur pour faire fondre la structure en acier des tours.

Ils appellent à une "enquête véritablement indépendante" du Congrès des Etats-Unis, proclamant que des détonations ont été entendues peu avant l'effondrement des tours, que des traces d'explosifs ont été trouvés dans les gravats et que l'effondrement à la verticale des édifices est typique d'une démolition provoquée.

Interrogé par l'AFP, Richard Gage, l'architecte californien fondateur d'AE911 en mai 2006, s'est dit "choqué et horrifié d'apprendre cet acte insensé de vandalisme" contraire au code de conduite de l'organisation. "J'espère sincèrement que cette personne déséquilibrée n'est en aucun cas associée avec un de nos nombreux bénévoles en France", a-t-il ajouté.

En "condamnant tout acte de violence" comme celui-ci, M. Gage a souligné qu'il s'agissait du deuxième incident de ce type impliquant son organisation, après un graffiti retrouvé sur une autoroute américaine.

Jugeant "honteux qu'une femme ait vandalisé une toile de Delacroix", Jonathan Gold, militant du mouvement plus global "pour la vérité sur le 11-Septembre", a indiqué que ces activistes prônaient la non-violence.

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Justice n'a pas souhaité faire de commentaire ni sur cette organisation ni sur l'acte de vandalisme perpétré dans une antenne du musée du Louvre de Lens.

Il semble qu'aucun acte grave n'ait été commis jusqu'à présent aux Etats-Unis par les tenants des thèses conspirationnistes sur les attentats du 11-Septembre, même si plus globalement, pour le spécialiste des organisations extrémistes JM Berger, il pourrait se produire "un nouveau phénomène où les tenants du complot (...) deviennent plus agressifs pour délivrer leur message".

chv/lor

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