Le sénateur Brazeau expulsé du caucus conservateur

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PATRICK BRAZEAU FIGHT
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Le controversé sénateur conservateur Patrick Brazeau a été expulsé du caucus, jeudi. Il pourra toutefois siéger à titre de sénateur indépendant.

Les policiers sont intervenus la nuit dernière à son domicile à la suite d'une plainte pour violence conjugale. M. Brazeau est toujours détenu par la police de Gatineau. Un périmètre a été érigé autour de sa maison où une perquisition est effectuée. Aucune accusation n'a été portée contre lui pour l'instant.

S'il devait y avoir des accusations, M. Brazeau comparaîtra vendredi matin au palais de justice de Gatineau, a précisé le porte-parole du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Pierre Lanthier. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales et le SPVG vont s'opposer à sa remise en liberté.

Le cabinet de la sénatrice Marjory LeBreton a informé le caucus conservateur de sa décision, jeudi. Le premier ministre Stephen Harper a déclaré que M. Brazeau avait été retiré du caucus conservateur en raison d'événements très sérieux. « Il s'agit d'événements de nature personnelle qui n'ont rien à voir avec le Sénat, mais ils sont très graves et nous espérons qu'ils seront traités devant les tribunaux », a déclaré M. Harper en Chambre.

Selon un responsable gouvernemental, le premier ministre Harper s'est dit attristé et sidéré par cette nouvelle et il a agi immédiatement, ce qui a débouché sur son exclusion du caucus conservateur.

Réactions à Ottawa

Les partis d'opposition à Ottawa se disent hautement préoccupés par cette affaire. Certains députés veulent que des mesures plus sévères soient prises à l'encontre de M. Brazeau. « L'expulser du caucus n'est pas suffisant », a dit à la Chambre des communes jeudi le député néodémocrate de Timmins-Baie-James, Charlie Angus.

« Je pense sincèrement que le sénateur Brazeau en a lourd sur les épaules. Ce dernier événement est particulièrement grave, s'il est avéré. Le sénateur devrait démissionner », a dit de son côté le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, lors d'un point de presse au parlement.

« Les allégations sont très inquiétantes. Nous sommes préoccupés par le fait qu'il y aurait une victime dans cette histoire très malheureuse », affirme de son côté le député libéral de Beauséjour, Dominic LeBlanc.

Des collègues conservateurs de M. Brazeau se sont aussi dits choqués. « S'il a vraiment battu une femme, j'espère que la loi s'appliquera dans tout sa force », a dit Eve Adams, la députée conservatrice de Mississauga-Brampton South, en réponse à des journalistes.

Un sénateur au centre de controverses

M. Brazeau fait l'objet de vérifications par un comité du Sénat pour des allocations de résidence. Quelques sénateurs, dont M. Brazeau, font l'objet de vérifications pour avoir réclamé de généreuses allocations de résidence allouées à ceux dont la résidence principale se situe à l'extérieur d'Ottawa. Le Sénat révise l'ensemble des allocations de résidence attribuées aux sénateurs. M. Brazeau aurait réclamé des allocations de résidence en déclarant le domicile de son père comme son lieu de résidence principale.

Il fait également face à des allégations voulant qu'il ait utilisé l'adresse de son ancien beau-père, sur une réserve indienne québécoise, pour réclamer des déductions fiscales.

Dès sa nomination, M. Brazeau a été critiqué pour son intention de demeurer chef du Congrès des peuples autochtones (CPA) tout en siégeant au Sénat. Il a démissionné de son poste au sein du CPA en janvier 2009 après qu'une employée de l'organisme eut rempli une plainte pour harcèlement sexuel auprès du Tribunal ontarien des droits de la personne. Il a également été mêlé à des allégations de mauvaise utilisation de fonds publics fédéraux. Les conservateurs avaient alors indiqué que les malversations avaient été effectuées avant l'arrivée de Brazeau à la tête du CPA.

Plus récemment, il avait été blâmé pour avoir critiqué le mouvement autochtone « Idle No More » et en plus d'avoir passé des remarques désobligeantes sur la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, qui menait une grève de la faim.

Nommé à 34 ans

Patrick Brazeau, qui a été nommé au Sénat en 2008 à l'âge de 34 ans, est le plus jeune des 105 sénateurs à siéger à la chambre haute du Parlement canadien. Il a toutefois brillé par son absence en 2012. Le siège du conservateur Patrick Brazeau a été vide pendant 25 % des 72 séances du Sénat qui se sont déroulées entre juin 2011 et avril 2012. Le registre de présences du Sénat montrait que le sénateur de 37 ans est passé bien près d'être mis à l'amende.

S'il s'était absenté quatre jours de plus, il aurait été sanctionné. Patrick Brazeau a aussi manqué 65 % des rencontres du Comité permanent sur les peuples autochtones, où il siège, et 31 % des rencontres du Comité permanent des droits de la personne, dont il est le vice-président.

M. Brazeau avait participé à un combat de boxe, au profit d'un organisme caritatif, contre le député du Parti libéral du Canada Justin Trudeau. Ce dernier avait eu raison de Brazeau qui était pourtant donné largement favori. Les carrières des deux hommes politiques ont connu des destins opposés depuis cet affrontement pugilistique. M. Trudeau est le favori dans la course à la direction du PLC alors que M. Brazeau a accumulé les controverses.

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