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Sécurité renforcée pour des opposants égyptiens après des menaces

07/02/2013 11:50 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

Le ministère de l'Intérieur égyptien a renforcé la sécurité autour des domiciles de deux des principaux opposants du pays après un édit religieux (fatwa) appelant au meurtre des figures de l'opposition.

Ces mesures concernent Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'agence de l'ONU pour l'énergie nucléaire et prix Nobel de la paix en 2005, et Hamdeen Sabbahi, ancien candidat à la présidence en juin 2012, a déclaré jeudi un porte-parole du ministère.

M. ElBaradei, de tendance libérale, et M. Sabbahi, un nationaliste de gauche, sont tous deux membres du Front national du salut (FSN), principale coalition de l'opposition laïque, opposée au président islamiste Mohamed Morsi.

Cette décision a été prise près la publication d'une fatwa par un religieux radical, Mahmoud Shaaban, appelant à tuer les dirigeants du FSN en invoquant des arguments basés sur la charia.

Le religieux a de surcroît mentionné les noms de MM. ElBaradei et Sabbahi dans une émission sur une chaîne de télévision satellitaire.

Un autre religieux, Wagdi Ghoneim, a appelé les musulmans à "tuer les voyous, les criminels et les voleurs qui brûlent le pays", en faisant référence à l'opposition en général, ont rapporté des médias gouvernementaux.

Mercredi, M. ElBaradei s'était insurgé contre la lenteur du gouvernement à réagir à la fatwa édictée contre lui.

"Le régime reste silencieux alors qu'une nouvelle fatwa autorise à tuer l'opposition au nom de l'islam. La religion ne peut encore une fois être utilisée et détournée", a-t-il affirmé dans un message posté sur twitter.

Jeudi, l'institut de recherche islamique d'al-Azhar, la plus haute instance de l'islam sunnite basée au Caire, a prévenu que de tels édits pouvaient conduire à "la sédition et au désordre".

Le Premier ministre Hicham Qandil a de son côté condamné ces fatwas et affirmé que le gouvernement prendrait des dispositions pour y faire face.

La décision de renforcer la protection des deux opposant survient au lendemain de l'assassinat à Tunis d'un dirigeant de l'opposition tunisienne, Chokri Belaïd, tué par balle devant son domicile. Une partie de l'opposition et la famille de la victime ont accusé les islamistes pour ce meurtre.

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