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Panetta admet avoir soutenu Clinton qui voulait armer les rebelles syriens

07/02/2013 04:12 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

Le patron du Pentagone Leon Panetta a reconnu jeudi avoir soutenu la secrétaire d'Etat de l'époque, Hillary Clinton, qui avait proposé l'été dernier d'armer les rebelles syriens, une idée rejetée par la Maison Blanche.

Le projet avait été élaboré par Mme Clinton qui avait rencontré en privé il y a plus de six mois le patron de l'époque de la CIA David Petraeus pour armer et entraîner des rebelles contre les forces du président syrien Bachar al-Assad, avait rapporté il y a quelques jours le New York Times, citant des responsables américains.

M. Panetta a fait cet aveu jeudi, aux côtés du général Martin Dempsey, chef d'état-major des forces armées, devant une commission du Sénat qui interrogeait les deux hommes sur l'attaque du consulat américain de Benghazi (Libye) le 11 septembre dernier.

Au cours de leurs quatre heures d'audition, le sénateur républicain John McCain a fait une digression sur la Syrie.

"Je vais encore vous demander ce que je vous avais demandé en mars dernier lorsque 7.500 Syriens avaient été tués. On en est maintenant à au moins 60.000. Combien de gens devront encore mourir avant que vous ne recommandiez une action militaire?" a lancé le sénateur républicain.

"Et avez-vous soutenu la recommandation faite par le secrétaire d'Etat de l'époque Clinton et celui qui était chef de la CIA, le général Petraeus, de fournir des armes à la résistance en Syrie. Avez-vous soutenu cela?", a insisté M. McCain, partisan d'une aide militaire américaine à l'opposition syrienne.

"Nous l'avons soutenu", ont répondu tour à tour MM. Panetta et Dempsey.

D'après le New York Times, l'idée de ces dirigeants américains a été repoussée par la Maison Blanche, le président Barack Obama redoutant, entre autres craintes, une aggravation du conflit syrien et l'embrasement de toute la région.

L'administration américaine s'en tient depuis près de deux ans à une aide humanitaire à la Syrie et aux réfugiés dans les pays voisins, ainsi qu'à une assistance dite "non létale" pour les rebelles (équipements de communication, formation...).

Washington a toutefois reconnu qu'il coordonnait l'aide militaire de pays du Golfe afin que leurs armes "ne tombent pas entre de mauvaises mains", c'est-à-dire dans celles de jihadistes.

nr/rap

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