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Liban: l'accès aux soins médicaux, priorité pour les réfugiés syriens (MSF)

07/02/2013 08:46 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a jugé jeudi "prioritaire" l'accès aux services médicaux pour les réfugiés syriens au Liban, qu'ils soient enregistrées ou non auprès du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Une assistance doit être fournie à tous les réfugiés, immédiatement à leur arrivée, avec un accès garanti à la santé sans attendre qu'ils soient dûment enregistrés", affirme MSF dans un nouveau rapport intitulé "Survivre au-delà de la guerre: le vie des réfugiés syriens et des populations déplacées au Liban".

Cette ONG constate que la moitié de cette population vulnérable ne reçoit pas les traitements médicaux dont elle a besoin en raison des coûts prohibitifs, alors que "l'argent ne doit pas être un obstacle à la santé pour une population fuyant la violence d'une zone de guerre".

C'est le résultat d'une enquête menée au Liban en décembre 2012 auprès de 2.124 ménages à Saïda (sud), dans la vallée de la Bekaa (est) et la grande ville du nord, Tripoli, où ses équipes offrent une assistance médicale gratuite.

Pour cette organisation "les besoins humanitaires des réfugiés syriens et des personnes déplacées vivant au Liban ne sont pas satisfaits" dans tous les domaines.

"Leurs conditions de vie sont de plus en plus précaires. Plus de 50% des personnes interrogées par MSF, enregistrées ou non auprès du HCR, sont logées dans des abris de fortune comme des garages, des fermes, des immeubles en construction ou des écoles abandonnées".

"La plupart de ces lieux ne protègent pas ou très peu contre l'hiver. Ces conditions de vie déplorables contribuent à la détérioration de leurs conditions de santé", assure MSF.

En outre, "si les personnes enregistrées auprès du UNHCR bénéficient de nourriture, de coupons de carburant et d'une couverture partielle des soins de santé, il ressort toutefois que 41% des personnes interrogées ont affirmé ne pas être enregistrées, soit parce qu'elles manquaient d'information sur la procédure et sur les points d'enregistrement, soit parce ceux-ci sont trop éloignés. D'autres, sans papiers, craignent d'être renvoyés en Syrie", rapporte MSF.

Cette situation est dramatique, poursuit cette organisation car les deux-tiers des non-enregistrés ne reçoivent aucune aide.

Sur le plan médical, la situation s'est également détériorée. Selon MSF, 52% des personnes interrogées se trouvent dans l'incapacité de payer un traitement pour les malades chroniques et près d'un tiers d'entre elles ont dû le suspendre car il est trop onéreux.

MSF demande "instamment aux autorités et au HCR de veiller à ce que tous les réfugiés souffrant de graves problèmes de santé aient un accès complet et rapide à des soins hospitaliers et à l'inclusion systématique de traitements abordables pour les maladies chroniques dans le système des soins de santé".

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