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Le parti au pouvoir en Tunisie s'oppose à la dissolution du gouvernement

07/02/2013 12:48 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le parti islamiste qui domine la coalition au pouvoir en Tunisie a rejeté, jeudi, la décision du premier ministre issu de ses rangs de remplacer le gouvernement pour tenter d'apaiser les critiques, signe que la crise née de l'assassinat d'un politicien de l'opposition est encore loin d'être résolue.

Quelques dizaines de personnes ont par ailleurs tenté de manifester devant le ministère de l'Intérieur à Tunis, mais des tirs de gaz lacrymogènes les ont forcés à se disperser. Les forces de l'ordre semblent avoir voulu éviter les violentes manifestations qui ont secoué le centre de la capitale mercredi.

Le rejet de la dissolution du gouvernement par le parti Ennahda remet en questions les efforts pour résoudre la pire crise politique à ébranler la Tunisie depuis la révolution de 2011, et indique que les divisions ne touchent pas seulement le gouvernement islamiste et l'opposition laïque, mais également le parti au pouvoir.

La principale centrale syndicale tunisienne a en outre déclaré une grève générale vendredi pour dénoncer l'assassinat de Chokri Belaïd, une décision qui risque de paralyser le pays et d'enflammer les tensions.

M. Belaïd, qui critiquait sa ménagement le parti Ennahda, a été tué à bout portant par des inconnus alors qu'il sortait de chez lui à Tunis mercredi. Ses proches et ses alliés accusent le parti islamiste d'être complice de sa mort.

La capitale tunisienne était plutôt calme jeudi, mais des émeutes ont été signalées dans la ville minière de Gafsa, dans le sud du pays, où le Front populaire, une coalition de partis de gauche dont faisait partie M. Belaïd, dispose de larges appuis.

La Tunisie est considérée comme un modèle de la transition vers la démocratie depuis le soulèvement populaire qui a renversé le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali et donné le coup d'envoi du Printemps arabe, mais les violences politiques et les allégations de négligence gouvernementales ont déçu les espoirs des militants pro-démocratie. La nouvelle crise fait craindre que la Tunisie ne soit plus une exception à l'instabilité qui touche la région depuis deux ans.

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