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La presse tunisienne inquiète pour l'avenir après le meurtre d'un opposant

07/02/2013 03:45 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

La presse tunisienne craignait jeudi, au lendemain de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd, que le pays bascule dans un cycle de violences toujours plus sanglant, tout en espérant que l'annonce de la formation d'un nouveau gouvernement désamorce ces tensions.

"Le tournant est extrêmement dangereux car, il est clair que plus personne n'est dorénavant à l'abri des expéditions de liquidation d'escadrons de la mort", s'insurge Le Quotidien.

"Nos gouvernants ont grandement intérêt à se décarcasser car il y a réellement péril en la demeure. A leur charge d'assumer leurs responsabilités pour éviter au pays les affres de l'incertitude et éloigner le spectre d'une guerre civile", prévient-il.

Le journal Maghreb souligne que l'assassinat de Belaïd la veille marque "un tournant grave qui mènera la Tunisie vers la violence politique, une première dans l'histoire moderne du pays".

"La classe politique est devant de grands défis pour faire face à ce cancer", souligne encore ce titre.

Le quotidien La Presse se dit pour sa part partagé "entre le deuil et l'espérance", le Premier ministre Hamadi Jebali ayant annoncé mercredi soir la formation à venir d'un gouvernement apolitique alors que son parti islamiste, Ennahda, est la cible de la colère de la rue.

"C'est une décision salutaire quoique tardive", relève le journal, en référence aux pourparlers sur un remaniement gouvernemental qui étaient en cours depuis juillet sans aboutir.

"Il aura fallu la mort d'un brave...", note-t-il.

M. Jebali n'a donné aucun calendrier concernant la formation du nouveau gouvernement.

alf/sw

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