NOUVELLES

La CPI ordonne à la Libye de lui livrer Abdallah al-Senoussi

07/02/2013 10:35 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

La Cour pénale internationale (CPI) a ordonné jeudi à la Libye de lui livrer l'ancien chef des services de renseignement libyens Abdallah al-Senoussi, qu'elle soupçonne de crimes contre l'humanité commis lors de la révolte ayant entraîné la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

La chambre "ordonne aux autorités libyennes de procéder immédiatement à la remise de M. Al-Senoussi à la Cour", a indiqué la CPI dans une décision datée de mercredi et rendue publique jeudi. Elle fait suite à une requête en ce sens déposée par les avocats de M. Senoussi désignés par la CPI.

Cette décision marque une nouvelle étape dans le long bras-de-fer dans lequel sont engagées la CPI et la Libye, qui dispute à la Cour le droit de juger le fils de Mouammar Kadhafi Seif al-Islam et Abdallah al-Senoussi, ancien pilier du régime Kadhafi. Ils font l'objet de mandats d'arrêt de la CPI.

Le porte-parole du procureur général libyen, Taha Baara, a minimisé la portée de la décision de la CPI, qui s'inscrit, selon lui, dans le cadre "d'une procédure de routine".

Il a indiqué que les autorités libyennes avaient déposé le 23 janvier une requête auprès de la CPI pour juger Abdallah al-Senoussi en Libye.

"Nous avons huit semaines à partir de la date du dépôt de la requête pour compléter le dossier et présenter les documents nécessaires", a-t-il dit à l'AFP.

"Même en cas d'une décision défavorable de la CPI, nous avons le droit de faire appel", a-t-il ajouté, affirmant que "la Libye tient à juger Abdallah Senoussi". "Nous avons une justice forte et nous avons la capacité de le juger", a-t-il encore déclaré.

Abdallah al-Senoussi et Seif al-Islam Kadhafi sont aux mains des autorités libyennes, auxquelles la CPI a déjà demandé à plusieurs reprises de lui livrer les deux hommes. La CPI est de son côté en train d'examiner une requête de Tripoli demandant le droit de juger les deux suspects en Libye.

Les avocats de Seif al-Islam Kadhafi et d'Abdallah al-Senoussi désignés par la CPI assurent qu'ils n'auront pas un procès juste s'ils sont jugés en Libye.

Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, Abdallah al-Senoussi avait fui la Libye et était entré en Mauritanie avec un passeport malien sous une fausse identité. A la suite de son arrestation en mars 2012, il avait été extradé vers la Libye en septembre 2012.

Seif al-Islam Kadhafi, également soupçonné par la CPI de crimes contre l'humanité, est de son côté détenu par une brigade d'anciens combattants rebelles à Zenten (180 km au sud de Tripoli) depuis son arrestation en novembre 2011.

Le Conseil de sécurité des Nations unies avait saisi la CPI en février 2011 pour qu'elle enquête sur les crimes commis en Libye lors de la révolte populaire ayant mené, après l'intervention militaire occidentale, à la chute de Mouammar Kadhafi et de son régime.

ndy-ila/hj

PLUS:afp