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La CPI demande à la Libye de lui livrer Abdullah el-Senoussi immédiatement

07/02/2013 09:28 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

LA HAYE, Pays-Bas - La Cour pénale internationale a ordonné à la Libye de lui livrer immédiatement l'ancien chef des services de renseignements de Mouammar Kadhafi, Abdullah el-Senoussi.

L'ordre publié jeudi met la table pour un nouvel affrontement entre la CPI et les autorités libyennes, qui ont indiqué avoir l'intention de traduire elles-mêmes el-Senoussi en justice.

La CPI a déposé des accusations de crimes contre l'humanité à l'endroit d'el-Senoussi pour les meurtres et la persécution de manifestants lors des premiers jours du soulèvement qui a finalement renversé le régime Kadhafi, en 2011.

Les autorités libyennes détiennent également le fils de Kadhafi, Seif el-Islam, qui est lui aussi recherché par la CPI.

La CPI est un tribunal de dernier recours qui intervient normalement quand aucun pays n'est en mesure d'organiser des procès.

Les avocats d'el-Senoussi estiment qu'il sera impossible de lui accorder un procès équitable et impartial en Libye, et qu'il devrait donc être envoyé à La Haye. Ils ont demandé à la CPI d'accélérer les procédures à son endroit le mois dernier, révélant que la famille d'el-Senoussi a entendu qu'il sera jugé par un tribunal militaire avant d'être exécuté. La Libye réfute ces allégations.

Les dirigeants libyens ont indiqué au CPI, aussi le mois dernier, qu'ils expliqueront d'ici au 29 mars pourquoi ils estiment que le tribunal ne devrait pas juger el-Senoussi.

En plus de la cause devant la CPI, el-Senoussi est accusé de complicité dans l'attentat de Lockerbie, en Écosse, qui a fait 270 morts en 1988; d'avoir participé au massacre de la prison libyenne d'Abou Salim, en 1996, qui a fait 1200 victimes; et d'avoir trempé dans l'attentat qui a détruit un avion au dessus du Niger en 1989, tuant 170 personnes dont 54 Français. Paris l'a déjà condamné à la prison à vie par contumace en lien avec cette affaire.

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