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Immobilier: JPMorgan connaissait le piètre état des prêts avant la crise

07/02/2013 01:50 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

Des courriels échangés par des employés de la banque américaine JPMorgan Chase montrent que la première banque américaine en termes d'actifs connaissait la piètre qualité des prêts hypothécaires qu'elle a vendus sous forme de titres dérivés avant la crise.

Dans des documents datant de 2006 au printemps 2007, enregistrés mardi auprès du tribunal fédéral de Manhattan (district sud) et consultés jeudi par l'AFP, des employés des services de produits dérivés de crédits de JPMorgan Chase détaillent les nombreux problèmes contenus dans les prêts rachetés par la banque.

Par exemple, les prêts émis par American Home Mortgage, dans un email de mai 2007, sont décrits comme présentant des "problèmes significatifs de qualité de crédit ou de documentation".

Même chose pour Chase Mortgage, une filiale de JPMorgan Chase, dont les prêts sont décrits comme présentant un pourcentage de non remboursement en augmentation, accordés à des emprunteurs ayant un "historique de crédit inacceptable".

L'historique de crédit, qui regroupe les informations sur les emprunts et remboursements d'un individu ou d'une entreprise, notamment sur les retards de paiement ou les faillites, est utilisé par les organismes de crédit aux Etats-Unis pour déterminer la solvabilité d'un emprunteur.

Chez Flagstar, le même courriel cite des "documents manquants et des historiques de crédit inacceptables".

Dans un courriel datant de 2006 évaluant la qualité de prêts selon leurs émetteurs, 11% d'un échantillon d'un millier de prêts étaient considérés comme "inacceptables".

Ces documents ont été dévoilés dans le cadre des poursuites engagées par la banque belge Dexia le 18 juin 2012 contre Bear Stearns, rachetée par JPMorgan Chase en 2007.

Dexia avait acheté de nombreux produits dérivés de prêts "subprime", accordés à des ménages insolvables. Ces produits très risqués, à l'origine de la crise financière la plus grave depuis les années 30, ont entraîné pour la banque franco-belge de très lourdes pertes puis sa chute.

JPMorgan Chase n'a pas répondu aux demandes de commentaires de l'AFP.

ved/sl/are

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