NOUVELLES

Égypte: les autorités renforcent la sécurité autour des chefs de l'opposition

07/02/2013 02:39 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - La sécurité a été renforcée jeudi autour des chefs de l'opposition égyptienne, après que plusieurs leaders religieux eurent appelé à leur assassinat.

Le premier ministre égyptien et les Frères musulmans, qui forment l'épine dorsale du gouvernement, ont dénoncé les décrets des leaders religieux, tandis que le procureur général a ouvert une enquête sur l'un d'entre eux.

Les musulmans conservateurs ont réagi avec colère à la vague de manifestations contre le président islamiste Mohammed Morsi depuis la fin du mois de janvier, qui ont dégénéré en affrontements meurtriers entre la police et les manifestants. De proches collaborateurs du président et des Frères musulmans ont présenté les manifestants comme des voyous et des criminels et ont accusé les politiciens de l'opposition d'alimenter les violences pour nuire à M. Morsi.

En utilisant une rhétorique similaire, plusieurs religieux radicaux bien connus en Égypte ont déclaré la semaine dernière que les châtiments prévus par la loi islamique pour ceux qui causent le chaos ou tentent de renverser un dirigeant s'appliquaient aussi aux manifestants et aux chefs de l'opposition. Ces châtiments comprennent la mort, la crucifixion ou l'amputation des membres, ont-ils dit.

Un autre religieux a déclaré que les agressions sexuelles commises contre les femmes sur la place Tahrir la semaine dernière étaient justifiées. Il a qualifié les manifestantes de «croisées» et de «veuves qui n'ont personne pour les contrôler».

Le gouvernement a été critiqué pour ne pas avoir condamné les décrets religieux appelant au meurtre des opposants, mais jeudi, le premier ministre Hesham Kandil a prévenu que ces décrets pourraient mener à la «sédition» et aux «troubles».

«Ces décrets extrémistes n'ont rien à voir avec l'islam», a dit M. Kandil, cité par l'agence de presse officielle. «Le peuple égyptien a connu une glorieuse révolution pour établir une société démocratique où prévaut le dialogue, et non le meurtre.»

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Hani Adbel Latif, a indiqué que les autorités augmenteraient les patrouilles dans les quartiers résidentiels où vivent les leaders de l'opposition, notamment le chef du Front du salut national, Mohamed El Baradei, ex-directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique et lauréat du prix Nobel de la paix en 2005.

PLUS:pc