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Garderies à 7$: lancement de l'appel d'offres pour créer 15 000 nouvelles places

07/02/2013 02:42 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT
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happy child kids group have fun and play at kindergarden indoor preschool education concept with teacher

QUÉBEC - Les promoteurs intéressés à se lancer dans l'aventure des garderies auront peut-être l'occasion de réaliser leur rêve: ils disposent de quatre mois, soit du 14 février au 14 juin, pour présenter un projet au gouvernement et espérer décrocher quelques-unes des 15 000 nouvelles places disponibles.

La ministre responsable de la Famille, Nicole Léger, ne cachait pas sa fierté, jeudi, de lancer le processus d'appel d'offres pour ces 15 000 places à 7 $ par jour, un engagement électoral de sa formation politique.

«Alors, promoteurs, demandeurs, parents, c'est le temps!», a dit la ministre Léger en conférence de presse.

Sur le plan des finances publiques, certains seront peut-être moins fiers au gouvernement en apprenant que cette annonce (jointe à l'annonce précédente de 13 000 autres places) viendra alourdir de près d'un demi-milliard de dollars (477 millions $) le fardeau assumé par l'ensemble des contribuables. Cette année, le réseau a coûté au trésor public 2,2 milliards $.

Chaque place à contribution réduite (à 7 $) coûte en fait plus de 40 $ par jour, par enfant.

«Investir dans la petite enfance, personne ne va nous contredire, c'est un investissement», a commenté la ministre, en indiquant qu'il s'agissait là d'une priorité gouvernementale, même en période de déficit et de compressions budgétaires.

«On a ce qu'il faudra pour être capables d'investir» dans les places annoncées, a-t-elle ajouté.

Les nouvelles places à contribution réduite vont s'implanter progressivement. Les parents devraient pouvoir y amener leurs petits à compter de 2014 dans certains cas, et au plus tard en décembre 2016.

En région, à partir du mois de juin, 22 comités consultatifs devront analyser les offres reçues et formuler leurs recommandations à la ministre.

Ce sont les Centres de la petite enfance (CPE) qui auront la part du lion, soit 12 750 places. Les 2250 autres seront réservées aux garderies subventionnées.

Il n'y aura rien pour les garderies familiales et rien non plus pour les garderies privées non subventionnées, qui se sentent les grandes laissées pour compte du système.

Les CPE ont la cote auprès des parents, a dit la ministre Léger pour justifier ses choix. «Il faut faire des choix et la demande des parents est d'aller en CPE», a-t-elle fait valoir.

Un intérêt particulier sera porté aux projets situés en milieu défavorisé. Au total, 2000 des 15 000 places prévues seront implantées en milieu défavorisé, tandis que 300 autres places seront destinées à des projets exceptionnels reliés aux pratiques éducatives.

Par ailleurs, un appel de projets pour la création de 300 places additionnelles pour les parents autochtones sera bientôt lancé.

À ces 15 000 places, s'ajouteront dans les prochaines années 13 000 autres places qui avaient déjà fait l'objet d'un appel d'offres sous le gouvernement précédent.

Cela devrait donc donner un total de 28 000 nouvelles places d'ici 2016, conformément à l'engagement pris en novembre dernier par le gouvernement.

Brandissant en campagne électorale son slogan «Un enfant, une place», la chef péquiste Pauline Marois, qui est à l'origine du réseau des Centres de la petite enfance (CPE) créé en 1997, s'était engagée à compléter le réseau en rendant disponibles aux parents un total de 250 000 places à contribution réduite.

Le réseau compte actuellement 218 000 places.

Sans grande surprise, le réseau des CPE jubile. La présidente du conseil d'administration de l'Association québécoise des CPE, Hélène Gosselin, a dit que cette annonce signifiait enfin «moins de délai d'attente pour les parents». Elle soutient que de nombreux promoteurs n'attendaient que le coup de départ pour déposer leur projet.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec, Daniel Ratthé, était moins enthousiaste, déplorant le «dogmatisme aveugle» de la ministre Léger, qui a tort selon lui de bouder les garderies privées.

«Il y a 10 000 places vacantes dans nos services de garde», a dénoncé de son côté la porte-parole des garderies privées non subventionnées, Marie-Claude Collin, qui dit craindre la faillite prochaine de plusieurs garderies en raison de l'expansion des CPE.

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