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Boeing 787: le mécanisme de l'incendie de batterie élucidé mais pas la cause

07/02/2013 12:25 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

L'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) a indiqué jeudi que l'enquête sur les deux incendies de batteries survenus en janvier sur des Boeing 787 avait mis en lumière la façon dont le feu s'était propagé mais pas ce qui l'avait causé.

L'enquête s'intéresse de plus en plus au design de la batterie et aussi remet en cause le processus de sa certification mené sous l'égide de la FAA, l'agence fédérale de l'aviation, et reposant largement sur des données fournies par Boeing et ses sous-traitants.

Lors d'une conférence de presse, la présidente de la NTSB, Deborah Hersman, a expliqué que le feu avait démarré sur "une seule" des huit cellules de la batterie qui avait brûlé le 7 janvier à bord d'un appareil venant d'atterrir à l'aéroport Logan de Boston (Massachusetts, nord-est des Etats-Unis).

"Le voltage de la batterie a brusquement chuté de 32 volts à 28 volts", il y a eu un "court-circuit qui a eu pour conséquence un incendie, lequel s'est propagé aux autres cellules de la batterie", a détaillé Mme Hersman.

Une deuxième batterie carbonisée avait entraîné un atterrissage d'urgence le 16 janvier au Japon, suivi de l'immobilisation au sol de l'ensemble des 50 Boeing 787 en circulation dans le monde.

"Nous travaillons maintenant pour déterminer l'origine du court-circuit dans la cellule" incriminée, a-t-elle ajouté, précisant que les enquêteurs n'avaient pour l'instant pas identifié de défaut à proprement parler.

De possibles dégâts à la batterie à cause d'un "impact mécanique" ont été écartés des causes possibles, et la NTSB s'intéresse désormais à plusieurs pistes: la manière dont les cellules ont été chargées, la fabrication de la batterie et son design, notamment l'isolation des différentes cellules, ou encore la contamination par des particules inflammables, selon Mme Hersman.

Les enquêteurs étudient parallèlement les données ayant permis la certification du 787, qui ont été fournies en grande partie par Boeing et ses sous-traitants, dont le français Thales et le japonais GS Yuasa.

"Lors des évaluations de risques conduites par Boeing pendant le processus de certification", le constructeur a affirmé que "la probabilité qu'une émission de fumée provienne de la batterie était inférieure à un pour 10 millions d'heures de vol", a rappelé Mme Hersman.

"Or il y a eu deux sérieux incidents sur des batteries de Boeing 787 avec moins de 100.000 heures de vols", un taux bien supérieur à ce qui avait été indiqué par Boeing, a-t-elle souligné.

Elle a mis en cause indirectement le processus de certification mené par la FAA: "les données qui ont été utilisées pour certifier la batterie (du 787) doivent être reconsidérées".

Après avoir dit mercredi que l'enquête prendrait sans doute encore "des semaines", la présidente de la NTSB a rappelé qu'il restait "beaucoup de travail" et que ce point sur l'enquête liée aux incidents du 787 n'était probablement pas le dernier.

ved/sl/sam

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