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Benghazi: l'armée américaine n'est pas un service d'urgence du 911 (Panetta)

07/02/2013 11:57 EST | Actualisé 09/04/2013 05:12 EDT

Le patron du Pentagone Leon Panetta a défendu jeudi son administration dans l'affaire de l'attaque contre le consulat de Benghazi en septembre, faisant valoir que l'armée n'était pas un service d'urgence mobilisable via le fameux numéro d'appel 911 aux Etats-Unis.

"Les forces armées des Etats-Unis ne sont pas et, franchement, ne doivent pas être un service du 911 capable d'arriver sur place en quelques minutes pour tous les évènements imprévus dans le monde", a déclaré le secrétaire à la Défense devant une commission du Sénat sur l'attentat du 11 septembre 2012 à Benghazi (est de la Libye), qui a coûté la vie à l'ambassadeur Christopher Stevens et à trois autres agents américains.

"L'armée américaine n'a ni les ressources, ni la responsabilité d'entretenir une caserne de pompiers près de chaque établissement américain dans le monde", s'est défendu le chef du Pentagone, qui doit quitter le gouvernement dans quelques jours.

M. Panetta était interrogé par des sénateurs, aux côtés du général Martin Dempsey, chef d'état-major des forces armées, sur la réaction du Pentagone après l'attaque aux armes de guerre et aux explosifs par des miliciens islamistes le 11 septembre au soir en Libye contre le consulat de Benghazi.

"Je crois fermement que le département de la Défense et les forces armées américaines ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour répondre à l'attaque de Benghazi", a assuré M. Panetta.

Le dirigeant a bâti sa démonstration sur "le manque de temps, face à une attaque aussi rapide, pour envoyer sur place des forces militaires", notamment des avions qui auraient mis une dizaine d'heures pour intervenir.

D'après M. Panetta, Washington ne disposait pas à l'époque de "renseignements spécifiques" faisant état d'une menace contre le consulat, le jour anniversaire du 11-Septembre 2001.

A quelques jours de son départ, il a aussi mis en garde les élus du Congrès sur les réductions budgétaires qui sont "l'un des plus grands risques en termes de sécurité pour la Nation". Faute d'accord au Congrès d'ici au 1er mars, le département de la Défense verra son budget automatiquement amputé de près de 10%. Il lui faudra alors absorber quelque 50 milliards de dollars de coupes entre mars et septembre, à la fin de l'exercice budgétaire.

L'attentat terroriste de Benghazi a déclenché une tempête politique aux Etats-Unis, alimentée par l'opposition républicaine contre le gouvernement démocrate du président Barack Obama.

Fin janvier, la secrétaire d'Etat de l'époque, Hillary Clinton, avait défendu avec force devant le Congrès sa gestion de cette affaire par son ministère, disant "profondément regretter" la mort de ses compatriotes mais sans reconnaître la moindre faute personnelle.

Un rapport administratif américain en décembre avait brocardé le département d'Etat --tout en épargnant Mme Clinton-- pour ses "ratés" en matière de sécurité. Le secrétaire d'Etat adjoint William Burns avait reconnu que son administration de 70.000 personnes et de 275 postes dans le monde n'avait "pas été à la hauteur".

nr/rap

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