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Un laboratoire palestinien revendique l'insémination de prisonniers d'Israël

06/02/2013 12:42 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

Un laboratoire palestinien spécialisé de Naplouse, en Cisjordanie, a annoncé mercredi avoir réussi des inséminations artificielle à partir du sperme de quatre Palestiniens détenus par Israël sorti clandestinement, six mois après une première du genre.

Interrogée, la porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne Sivan Weizman a déclaré à l'AFP "être au courant de ces rumeurs", se disant "très sceptique", compte tenu des conditions de visites des familles.

Lors d'une conférence de presse, le directeur du Centre médical Razan, à Naplouse, Salem Abou Khouzaïrane, a affirmé que "l'expérience réussie du détenu Ammar Ziben a encouragé les autres prisonniers, qui ont réussi à faire passer clandestinement leur sperme".

"Nous avons reçu ces derniers mois des dizaines d'échantillons, dont une partie n'était pas viable parce qu'ils n'avaient pas été stockés correctement", a-t-il indiqué.

"Mais nous avons pu utiliser les autres pour des inséminations, dont certaines ont réussi et nous avons maintenant quatre succès", a précisé Dr Abou Khouzaïrane, en présence de l'épouse d'Ammar Ziben, Dallal Ziben, qui a donné naissance en août à un garçon, ainsi que de quatre autres femmes de détenus enceintes grâce au même procédé, selon lui et les intéressées.

"Le centre a reçu des échantillons d'une manière sûre et fiable, en présence des membres de la famille des deux époux", a-t-il assuré, ajoutant que d'autres échantillons viables avaient été congelés en vue d'une utilisation ultérieure.

L'une des femmes enceintes, Ramah al-Silaoui, a affirmé que son époux, Oussama al-Silaoui, de Jénine, 55 ans purgeait quatre peines de prison à perpétuité depuis 1993.

Les détenus palestiniens n'ont pas le droit à des visites conjugales.

"Pour qu'une telle opération réussisse, il faut faire vite, dans la mesure où le sperme ne garde ses qualités reproductives que très peu de temps", a souligné la porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne.

"Or, non seulement les femmes qui viennent visiter les prisons n'ont pas de contacts directs avec les détenus, mais elles sont obligées ensuite de franchir des contrôles, de prendre des autobus qui doivent s'arrêter aux barrages routiers", a rappelé Sivan Weizman.

"Bref, un éventuel trajet vers un hôpital prend beaucoup de temps et avant que des test ADN soient effectués, nous prenons ces histoires avec la plus grande prudence", a-t-elle conclu.

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