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Tunisie: magistrats, universitaires en grève après le meurtre d'un opposant

06/02/2013 01:21 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

Des avocats, des magistrats, des fonctionnaires du parquet et des syndicats d'enseignants universitaires ont décidé d'observer une grève à la suite de l'assassinat mercredi à Tunis de l'opposant et avocat Chokri Belaïd.

Ces débrayages font suite à l'appel mercredi après-midi d'une alliance de partis d'opposition à une grève générale. Celle-ci était prévue à l'origine jeudi mais elle devra être reportée pour coïncider avec les funérailles de l'opposant qui pourraient avoir lieu vendredi.

La centrale syndicale historique en Tunisie (l'Union générale tunisienne du travail, UGTT), qui peut mobiliser ses 500.000 membres, n'a jusqu'à présent pas appelé à la grève.

Ce syndicat national, dont le soutien est clé pour qu'un débrayage d'ampleur réussisse, a convoqué jeudi une réunion de sa direction pour en décider.

Néanmoins, le Conseil de l'ordre des avocats, l'Association des magistrats, le syndicat des fonctionnaires du parquet ont dénoncé "un crime horrible" et annoncé un deuil national dans tous les tribunaux du pays, ainsi qu'une grève dans leur secteur les 7 et 8 février.

Les syndicats des enseignants de l'université de la Manouba (26.000 étudiants), près de Tunis, ont décidé aussi d'une grève mercredi et jeudi, réclamant un deuil national de trois jours.

Ils ont exprimé, dans une déclaration, leur "profonde tristesse après l'assassinat du militant politique et défenseur des droits de l'Homme Chokri Belaïd".

L'université de la Manouba est considérée comme un bastion de la gauche à laquelle appartenait la victime.

Chokri Belaïd, 48 ans, critique acerbe du gouvernement, a été tué en sortant de chez lui le matin de trois balles tirées à bout portant.

A la suite de son assassinat, des affrontements violents ont opposé dans le centre de Tunis des milliers de manifestants à des agents de forces de l'ordre, qui ont procédé à des tirs de lacrymogène pour disperser une foule en colère contre le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda.

kl/alf/Bsh/feb

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