NOUVELLES

Tunisie: la police tire des lacrymogènes sur les manifestants à Sidi Bouzid

06/02/2013 07:56 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

La police tunisienne a tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui tentaient de prendre d'assaut le siège de la police à Sidi Bouzid, berceau de la révolte de 2011 dans le centre-ouest, pour protester contre le meurtre d'un opposant tunisien mercredi.

Quelque 200 manifestants ont attaqué ce commissariat et les policiers ont répliqué immédiatement avec les gaz avant de prendre la fuite. L'armée est intervenue pour tenter de calmer la foule dans cette ville déshéritée du centre tunisien, selon un journaliste de l'AFP.

Environ 2.000 personnes manifestaient par ailleurs dans le calme à Sidi Bouzid, où l'immolation d'un vendeur ambulant en décembre 2010 avait déclenché la révolte qui a fait tomber le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Des locaux du parti Ennahda, les islamistes qui dirigent le gouvernement, ont été attaqués dans au moins trois villes de Tunisie, alors que les partisans de Chokri Belaïd, l'opposant tué, accusent ce parti d'être responsable du meurtre.

Plusieurs dizaines de manifestants ont pris d'assaut les locaux d'Ennahda à Mezzouna, à 75 km au sud-est de Sidi Bouzid, avant de l'incendier, selon plusieurs témoins interrogés par l'AFP.

A Gafsa, dans le bassin minier tunisien, des dizaines de personnes ont pénétré dans les locaux d'Ennahda, y brisant les meubles et arrachant les banderoles du mouvement. Ils ont ensuite sorti le mobilier et les ordinateurs pour les incendier dans la rue.

Selon un témoin interrogé par l'AFP, le siège de ce même parti au Kef (nord-est) a aussi été partiellement incendié par les manifestants.

A Kasserine, les cours ont été suspendus et des manifestations ont rassemblé quelque 500 personnes, une foule criant "vengeance, vengeance" dans cette ville de l'ouest proche de la frontière algérienne, selon un journaliste de l'AFP.

Des manifestations ont lieu dans d'autres villes de Tunisie, dont la capitale Tunis où quelque 4.000 personnes scandaient des slogans contre le pouvoir face au siège du ministère de l'Intérieur, avenue Habib Bourguiba.

Ils ont notamment repris en coeur "dégage, dégage", le cri de ralliement de la révolution de 2011, ainsi que l'hymne national.

str-alf/Bsh/sw

PLUS:afp