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Mali: de puissants explosifs découverts à Gao, les rebelles tirent des roquettes

06/02/2013 11:37 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

GAO, Mali - Les soldats qui inspectaient les cachettes des islamistes à Gao, dans le nord du Mali, ont découvert des explosifs industriels mercredi, faisant craindre d'éventuelles attaques des rebelles qui se sont enfuis dans le désert à l'arrivée des troupes françaises.

Le ministère français de la Défense a indiqué que des soldats français avaient affronté mardi des extrémistes qui tiraient avec des lance-roquettes en périphérie de Gao. L'une des roquettes est tombée près d'un arbre dans un quartier résidentiel.

Les informations sur ces affrontements et la découverte de caches d'armes inquiète les résidants, qui craignent toujours le retour des extrémistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), moins de deux semaines après leur départ de la ville.

Sur le terrain sablonneux où la roquette est tombée mardi soir, des citoyens racontaient mercredi comment ils se sont cachés dans les maisons en entendant les tirs.

«Si un combattant du MUJAO peut se mettre à seulement 10 mètres d'ici et tirer des engins de ce genre contre nous, à quoi sert la présence militaire ici?» a demandé Adama Younoussa, réuni avec ses amis sur le terrain où il ne reste qu'un grand trou.

«S'ils avaient touché une maison, il y aurait eu des morts», a-t-il ajouté.

Dans une petite ruelle jonchée de détritus, des soldats maliens montaient la garde et écartaient les curieux après la découverte de puissants explosifs parmi les débris.

Les explosifs de type Nitram 5 étaient cachés dans des sacs de riz laissés dans un dépotoir communautaire. Ces explosifs sont conçus pour le domaine minier, mais ils peuvent causer des dommages considérables quand ils sont utilisés pour fabriquer des bombes.

Des groupes de soldats maliens ont été appelés en plusieurs endroits de Gao mercredi, notamment dans un édifice où ils ont découvert des grenades à côté d'une grande valise et des documents en arabe au sujet de la charia. Dans un autre endroit, les soldats ont appelé une équipe de démineurs après avoir découvert ce qui semblait être un véhicule piégé.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que les soldats avaient mis au jour «un vrai sanctuaire terroriste» comprenant du matériel de guerre, des manuels sur la manipulation des armes et des laboratoires improvisés servant à assembler des engins explosifs.

«C'est une véritable guerre. (...) Quand on s'éloigne du centre des villes qui ont été prises, on trouve des résidus jihadistes», a dit M. Le Drian mercredi sur la radio Europe-1.

Les avions français poursuivent chaque soir les frappes aériennes nocturnes contre les dépôts d'armes et les lieux de fabrication de bombes des jihadistes, a ajouté le ministre.

À Tombouctou, une autre ville du nord du Mali récemment libérée, des civils ont remis mercredi aux autorités des dizaines d'armes et de munitions abandonnées par les troupes maliennes qui fuyaient l'avancée des rebelles.

La prolifération des armes à Tombouctou est un danger réel pour les civils, a estimé un responsable.

«Nous trouvons des armes dans au moins une maison sur cinq que nous fouillons», a déclaré le capitaine Samba Coulibaly, porte-parole de l'armée malienne à Tombouctou.

Le président français, François Hollande, a indiqué que les troupes françaises pourraient commencer à se retirer du Mali dès la fin du mois de mars.

La porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré mercredi à Paris que le retrait dépendrait du déploiement des forces africaines, qui doivent prendre la relève de l'effort international pour sécuriser la Mali et soutenir son armée.

La France a évoqué pour la première fois mercredi, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la possibilité de déployer une force des Nations unies au Mali.

L'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, a déclaré devant les journalistes qu'il avait entamé des discussions sur la question mercredi lors des consultations à huis clos sur le Mali.

«Je crois que nous devrons attendre plusieurs semaines avant de pouvoir évaluer l'environnement sécuritaire et prendre la décision de déployer une opération de maintien de la paiz», a précisé M. Araud.

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