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L'insécurité risque de perturber les élections provinciales d'avril en Irak (commission électorale)

06/02/2013 07:17 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

Les problèmes de sécurité liés à l'ample mouvement de protestation des sunnites d'Irak risquent de perturber les élections provinciales prévues le 20 avril, a averti mercredi un membre de la commission électorale irakienne.

"Nous faisons face à un certain nombre de problèmes dans les provinces qui traversent une crise politique", a déclaré Mouqdad al-Charifi, l'un des plus hauts responsables de la commission électorale irakienne (IHEC), lors d'une conférence de presse.

Il s'agit de "problèmes d'ordre sécuritaire" liés aux manifestations de la minorité sunnite, a-t-il précisé.

Depuis fin décembre, des sunnites, qui représentent environ 24% de la population irakienne, manifestent contre la "marginalisation" dont ils s'estiment victimes, dans les régions où ils sont majoritaires, au nord et à l'ouest du pays.

"La commission est inquiète quant à la poursuite de ce climat, (...) cela va créer des problèmes pour la bonne tenue des élections", a ajouté M. Charifi, qui s'exprimait aux côtés de Martin Kobler, représentant du secrétaire général des Nations unies en Irak.

Selon M. Charifi, des membres des antennes de la commission électorale dans des provinces occidentales et septentrionales ont reçu des lettres de menace les exhortant à ne pas s'impliquer dans le processus électoral.

Les manifestations, a souligné de son côté M. Kobler, "sont un motif d'inquiétude". "J'espère qu'elles ne vont pas avoir d'impact sur le scrutin".

Mouqdad al-Charifi a par ailleurs annoncé la radiation de 131 candidats des listes électorales, sur 8.224, en raison de leurs liens avec le défunt parti Baas de l'ancien président Saddam Hussein.

La question de la "débaassification" a beaucoup agité la dernière campagne en date, celle des législatives de 2010. Les personnes visées avaient déploré à l'époque que la commission chargée d'écarter de la course les membres de l'ancien régime s'en prenait aux sunnites de façon disproportionnée.

Le scrutin du 20 avril fera figure de test pour le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, dont les protestataires sunnites exigent la démission.

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