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L'Association européenne des clubs face aux affaires

06/02/2013 01:29 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

Réunie à Doha pour sa 5e bougie, l'Association européenne des clubs (ECA) de football n'a pu éviter les questions gênantes autour du scandale des matches truqués ou du Mondial-2022 au Qatar, notamment sur la façon dont l'Emirat l'aurait obtenu, avec le label de "Qatargate" dans l'air.

Pour sa première assemblée générale hors d'Europe, l'ECA a d'abord vu l'ambiance troublée par les accusations d'Europol sur un cartel criminel basé à Singapour qui serait à l'origine de centaines de matches truqués dans le monde.

Mais le premier vice-président de l'ECA, l'Italien Umberto Gandini, s'est voulu rassurant, même si le chiffre de 380 matches truqués en Europe "est un nombre important". "Mais il faut garder à l'esprit que sur la période visée plus de 200.000 matches ont probablement été joués en Europe, et ce n'est pas le signe d'un énorme cancer frappant le football européen", a insisté le directeur de l'AC Milan.

De même, les dirigeants de l'ECA n'ont pu éviter les questions sur le "Qatargate", pour reprendre le titre de l'hebdomadaire France football fin janvier qui, entre les lignes, a accusé le Qatar d'avoir +acheté+ le Mondial-2022.

Peu prolixe sur le sujet, Karl-Heinz Rummenigge, le président de l'ECA, s'est contenté de dire que "rien n'est prouvé": "Selon mes informations, la commission d'éthique de la FIFA a ouvert une enquête, et je ne peux rien dire, je ne suis pas informé".

Plus vindicatif, Sandro Rosell, 2e vice-président de l'ECA, s'en est pris aux "rumeurs et aux informations curieuses" qui circulent: "Selon tout ce que j'ai lu, tout ce que j'ai vu, et tout ce que je sais, tout est absolument faux", a accusé le président du FC Barcelone, se déclarant "très triste que des médias, dont l'objectif devrait être d'informer, désinforment en fait le public" (...), "peut-être pour des raisons économiques ou politiques".

Mondial-2022 toujours: l'épineuse question de sa date, depuis que Michel Platini, le président de l'UEFA, s'est prononcé en faveur de son organisation en hiver et non en été, pour éviter la chaleur accablante de l'été qatari.

Là encore, M. Rummenigge est resté prudent, estimant que "ces discussions doivent d'abord être ouvertes par la FIFA", avant que l'ECA puisse se prononcer. Mais pour le président du Bayern Munich, "ce serait une erreur de faire de cette question une question politique".

Moins diplomate, Umberto Gandini s'est voulu "très pragmatique" en rappelant que "la candidature (qatarie) pour la Coupe du monde 2022 avait été faite pour une Coupe du monde en été".

"Je pense que si la décision de la commission exécutive de la FIFA a été d'accorder la Coupe du monde au Qatar, c'est parce que la candidature qatarie offrait des solutions pour permettre la tenue de cette Coupe du monde à la période habituelle", c'est-à-dire en été, a-t-il insisté.

Se basant sur le même "principe" d'une Coupe du monde en été, Sandro Rosell a cependant semblé ouvrir la porte à un Mondial-2022 hivernal: "A partir du moment où nous saurons la décision prise deux ou trois ans à l'avance, nous pourrons alors planifier correctement la saison (des clubs), que ce Mondial ait lieu en été ou en hiver", a-t-il déclaré.

Enfin, toujours dans le domaine extra-sportif, M. Rummenigge a reconnu que les discussions entre membres de l'ECA avaient été "animées" sur la question de la propriété des clubs, et que, par exemple, "tout le monde ne remplit pas les conditions requises" pour l'entrée en vigueur des règles du fair-play financier pour la saison 2013-2014.

Sans doute par égard pour ses hôtes qataris, propriétaires du Paris SG via le fonds d'investissement QSI, M. Rummenigge n'a pas cité le club parisien comme exemple du mauvais élève dans cette matière, ce qu'il avait largement fait comprendre en septembre, même sans donner de nom là aussi.

ol/bvo

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