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La visite d'Obama pourrait obliger Israël à bouger sur le dossier palestinien

06/02/2013 03:42 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

Malgré les prudences officielles, une relance du processus de paix israélo-palestinien devrait être un des dossier de la première visite sur place du président américain Barack Obama, qui compte ainsi capitaliser sur le recentrage des Israéliens lors des récentes élections.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain a annoncé mardi soir la première visite au printemps de M. Obama en Israël en tant que président des Etats-Unis pour discuter avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "la marche à suivre à propos de beaucoup de sujets d'intérêts commun, dont l'Iran et la Syrie".

Le président se rendra également dans les Territoires palestiniens et en Jordanie.

L'ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro s'est montré discret dans une interview mercredi à la radio israélienne, ne mentionnant "la nécessité de pousser Israël et les Palestiniens à retourner à la table des négociations" qu'après avoir évoqué l'Iran et la Syrie, dans l'ordre du jour de la visite.

Le porte-parole de la Maison Banche Jay Carney a lui aussi minimisé les attentes. "A chaque fois que le président et le Premier ministre (Netanyahu, ndlr) discutent et bien sûr à chaque fois que le président parle avec les dirigeants de l'Autorité palestinienne, ces questions sont abordées. Mais ce n'est pas le but de cette visite", a-t-il affirmé.

Le porte-parole a précisé qu'il n'y aurait pas de nouvelles propositions pour relancer le processus de paix enlisé depuis septembre 2010 entre Israël et l'Autorité palestinienne. De fait, les paramètres d'un règlement sont déjà connus.

Sans illusion, le président palestinien Mahmoud Abbas a dit espérer que cette visite marque le "début d'une nouvelle politique américaine", tandis qu'une dirigeante palestinienne, Hanane Achraoui, l'a "saluée si elle annonce une promesse américaine de devenir un médiateur de paix honnête et impartial".

La prudence officielle américaine vise manifestement à éviter des espérances excessives sur l'épineux dossier israélo-palestinien, dans lequel M. Obama s'est enferré au début de son premier mandat, avant de s'en détourner.

Mais la proximité de la visite du président avec celle attendue du secrétaire d'Etat John Kerry en Israël et dans les Territoires palestiniens ce mois-ci incitent toutefois médias et analystes israéliens à penser que Barack Obama "ne viendra pas pour la première fois en Israël seulement pour déposer une gerbe à Yad Vashem (le mémorial de la Shoah à Jérusalem)".

"Le président entend donner une impulsion - peut-être la dernière ? - pour relancer le processus de paix", écrit mercredi l'analyste politique du quotidien israélien Maariv.

"L'électeur israélien s'est déplacé vers le centre. Le Premier ministre, selon toutes les analyses à Washington, est à la merci des partis centristes qui ont une approche beaucoup plus modérée" envers les Palestiniens que la coalition sortante, explique-t-il, en référence aux partis de Yaïr Lapid, deuxième formation au Parlement, et de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.

La liste de M. Netanyahu a remporté les élections du 22 janvier, mais moins nettement que prévu, en raison notamment de la percée du parti de M. Lapid, l'obligeant à se chercher des alliés au centre.

"Le nouveau gouvernement, et avec lui toute la population israélienne, consacrera les prochaines semaines à discuter des aspects politiques du conflit israélo-palestinien. Barack Obama presse Benjamin Netanyahu de trouver des solutions et il n'y a pas de place pour des faux-fuyants", affirme un éditorialiste dans le Yediot Aharonot.

Selon une commentatrice du même journal, "ce n'est pas un hasard si la Maison Blanche a annoncé la visite au milieu des tractations pour former une coalition. L'administration américaine indique à Lapid et Livni qu'il est temps d'entrer au gouvernement parce que le président est sérieux (...) et a besoin d'eux à l'intérieur" de la prochaine coalition.

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