POLITIQUE

La gratuité ne sera pas à l'ordre du jour du Sommet, tranche Duchesne (VIDÉOS)

06/02/2013 01:13 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - La gratuité scolaire ne figurera pas parmi les pistes de solution étudiées au Sommet sur l'enseignement supérieur, a prévenu mercredi le ministre Pierre Duchesne.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui avait lancé lundi un ultimatum au ministre de l'Enseignement supérieur pour qu'il inscrive la proposition à l'ordre du jour du Sommet, a réitéré mercredi sa menace de claquer la porte.

En point de presse, le ministre Duchesne a fait valoir que la gratuité scolaire n'est tout simplement pas envisageable dans un avenir prévisible compte tenu des moyens dont dispose le Québec.

«La proposition, ou je dirais l'approche du gouvernement là-dessus, est de dire qu'on ne peut pas se payer la gratuité d'ici le Sommet, c'est évident», a-t-il déclaré avant la réunion hebdomadaire du conseil des ministres à Québec.

À la question d'un reporter qui lui demandait si la gratuité pouvait être envisagée à moyen terme, le ministre a répondu: «je pense qu'on ne peut pas aller dans cette direction dans le cadre du Sommet».

Néanmoins, les tenants de la gratuité auront l'occasion de faire entendre leur point de vue, a assuré M. Duchesne.

«S'ils veulent en parler, s'ils veulent développer et en faire la promotion, ils auront l'espace pour le faire, on n'a jamais empêché aux gens de pouvoir parler, on a multiplié les lieux de rencontre», a-t-il dit.

En outre, il a invité l'ASSÉ à exposer ses arguments sur la page Facebook du ministère de l'Enseignement supérieur conçue à cet effet.

«S'ils veulent discuter de plusieurs sujets dont la gratuité, ils peuvent déposer des documents, des études, on a même une page Internet où la population peut déposer des mémoires et tout ça», a indiqué le ministre.

L'épineuse question des droits de scolarité à la rencontre des 25 et 26 février à Montréal fera l'objet d'un éventail de propositions, mais la gratuité _ l'ASSÉ devra s'y faire _ ne figurera pas parmi elles.

«Entre la gratuité et des hausses excessives comme l'ancien gouvernement a imposées, il y a une autoroute à quatre voies. Il y a un paquet de suggestions qui peuvent être discutées: ça va du gel aux différentes formes d'indexation, aux modulations des frais de scolarité avant et après les études selon les disciplines. Il y a beaucoup de propositions sur la table», a souligné le ministre.

L'ASSÉ _ l'association étudiante la plus militante et radicale _ n'a pas du tout apprécié d'être reléguée «à la page Facebook» du ministère. Elle y voit une trahison de la part du Parti québécois et de son ministre.

«De plus en plus, les étudiants réalisent que ce gouvernement est sans parole, ne respecte pas ses engagements. Le ministre Duchesne est en train de rire au visage d'une grande partie de la communauté universitaire», a dénoncé le porte-parole Jérémie Bédard-Wien.

L'ASSÉ fera savoir dans les prochains jours si elle entend ou non bouder l'exercice. D'ici là, elle lance une «dernière perche» au ministre Duchesne pour qu'il clarifie sa position.

«Est-ce que ce sommet en est un où l'on ne consulte que ceux qui sont en accord avec nous en reléguant les autres à la page Facebook du ministère ou ce sommet permettra des débats de fond?», a soulevé M. Bédard-Wien.

L'ASSÉ pourrait fort bien claquer la porte mais il ne s'agit pas du seul joueur à mettre en doute la validité de la «grand-messe» sur l'éducation annoncée lors de la dernière campagne électorale en réponse au «Printemps érable».

Dans une sortie fracassante, la rectrice sortante de l'Université McGill, Heather Munroe-Blum, a qualifié l'exercice de «farce» et de «théâtre» où les débats sont «chorégraphiés à la minute près».

«J'espère que la blague est drôle», a laissé tomber M. Duchesne en guise de réplique aux propos de la rectrice.

«Je ne commenterai pas beaucoup là-dessus parce qu'il faudrait demander à tous ceux qui ont participé à l'exercice depuis le début ce qu'ils en pensent. Les gens ont participé, tous les partenaires étaient là, le dialogue est installé et il avance», a-t-il dit.

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