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Egypte: Amnesty dénonce les violences sexuelles dans les manifestations

06/02/2013 11:05 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

L'organisation Amnesty International a appelé mercredi le président égyptien Mohamed Morsi a prendre des "mesures drastiques" pour mettre fin aux violences sexuelles contre les femmes, après de nombreux cas récents en marge de manifestations.

"Des attaques violentes de femmes dans des conditions horribles, y compris des viols, aux abords de la place Tahrir montrent qu'il est devenu capital que le président Morsi prenne des mesures drastiques", affirme Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord d'Amnesty International.

Amnesty dénonce une "culture d'impunité" et réclame "des enquêtes impartiales et complètes" pour "déterminer si ces attaques en groupe sont coordonnées par des acteurs étatiques ou non-étatiques et pour s'assurer que les responsables seront traduits en justice".

Le harcèlement verbal ou par attouchements est considéré comme un fléau quotidien pour les femmes en Egypte, mais la multiplication récente d'attaques de femmes par des groupes en marge de manifestations près de la place Tahrir a encore aggravé les inquiétudes. Des groupes de volontaires se sont formés pour lutter contre ce phénomène.

Selon Amnesty, quelque 25 cas d'agressions sexuelles ont été rapportés lors d'une série de manifestations autour du deuxième anniversaire, le 25 janvier, de la révolte qui provoqua le départ de Hosni Moubarak.

Dans une déclaration récente, la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a également déploré l'inaction des autorités égyptiennes dans ce domaine.

"Je déplore le fait que des violences sexuelles puissent se produire apparemment en toute impunité sur une place publique, et que les autorités soient incapables d'empêcher ces attaques", a-t-elle déclaré.

"La stigmatisation qui accompagne les agressions sexuelles contre les femmes et l'attitude des responsables des forces de l'ordre font que beaucoup de cas ne sont pas rapportés. Celles qui tentent de le faire font face à un mur d'indifférence et même à des reproches dans leur combat pour la justice", ajoute Mme Sahraoui.

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