POLITIQUE

Écart de prix avec les États-Unis: Ottawa doit revoir les tarifs douaniers

06/02/2013 05:00 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT
AFP/Getty Images

OTTAWA - Le gouvernement fédéral devrait réévaluer ses tarifs douaniers pour les importations afin de réduire l'écart de prix entre le Canada et les États-Unis pour les biens de consommation, recommande un comité sénatorial.

Après avoir étudié la question pendant huit mois, le Comité sénatorial permanent des finances nationales a déclaré que ces tarifs n'étaient pas la seule raison expliquant la différence de prix mais que c'était un facteur important pour lequel Ottawa pouvait faire quelque chose.

Les sénateurs ont souligné que le Canada exigeait des droits de douane de 18 pour cent sur les pantalons de hockey même s'ils n'avaient trouvé aucun manufacturier produisant cet article en sol canadien.

Et le problème s'aggrave selon l'étape de la chaîne logistique où les tarifs sont appliqués. Les droits sur certains items peuvent être multipliés par deux ou trois avant que les produits n'arrivent entre les mains des consommateurs.

«Nous ne disons pas qu'il faut se débarrasser de tous les tarifs douaniers, mais qu'il faut analyser la situation et déterminer s'ils sont pertinents parce que, dans la plupart, ils ne le sont pas», a affirmé Joseph Day, le président du comité.

Avant la publication du rapport, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui a commandé l'étude au comité sénatorial, avait révélé que le gouvernement était à revoir les droits de douane, particulièrement ceux des biens de consommation, pour voir s'il était possible de les réduire ou de les éliminer.

Mais il avait aussi indiqué que ces tarifs rapportaient de l'argent au gouvernement. Selon le rapport, les revenus générés par les droits de douane ont atteint 3,6 milliards $ en 2010-2011.

Le rapport montre clairement qu'il n'y pas qu'une explication ou qu'une solution quand il s'agit de l'écart de prix entre le Canada et les États-Unis qui pousse des dizaines de milliers de Canadiens à traverser la frontière pour aller faire le plein de vêtements, d'alcool, de nourriture, de livres, de produits pour la maison et même de pneus.

Les économies d'échelle, la taille du marché américain, les coûts de production plus élevés et le fait que les fournisseurs vendent leurs marchandises plus cher aux détaillants canadiens qu'aux américains sont autant d'éléments à considérer.

Le document contient certains exemples qui laissent perplexe. Une voiture Lexus assemblée à Cambridge, en Ontario, se vend 44 950 $ au Canada mais 40 950 $ aux États-Unis. Une automobile de marque Toyota fabriquée à Woodstock coûte plus cher dans cette ville ontarienne qu'à Honolulu. Les livres sont souvent moins cher au sud de la frontière et cette différence peut atteindre 40 pour cent pour certains titres.

Comme le résume bien le sénateur Larry Smith: «Les consommateurs canadiens ont l’impression de se faire avoir. Quand le dollar canadien s’échange à parité avec le dollar américain, ils constatent que les prix sont généralement plus élevés ici qu’aux États-Unis.»

Mais cela ne veut pas nécessairement dire que les Canadiens sont floués ni que le gouvernement peut faire quelque chose pour régler le problème, prévient toutefois le comité.

Le rapport souligne que 90 pour cent des biens qui entrent au Canada sont déjà exempts de droits, ce qui veut dire que si les tarifs douaniers étaient abolis, les prix ne baisseraient que pour un petit nombre d'items.

D'après Doug Porter, un économiste pour la Banque de Montréal qui compare les prix entre les deux pays depuis 2007, tant que les deux devises seront à parité, les consommateurs canadiens seront désavantagés.

M. Porter a expliqué que, l'une des raisons était le fait que le dollar canadien était surévalué d'environ 10 pour cent et qu'une autre était les différences structurelles entre les deux marchés, l'un étant plus gros et l'autre plus petit et étalé sur un vaste territoire.

L'économiste a cependant indiqué que l'écart avait diminué depuis les cinq dernières années, passant de 25 à 13 pour cent.

Le sénateur Day a affirmé que l'adoption des recommandations formulées par le comité ne permettrait pas de supprimer complètement l'écart, mais qu'elle contribuerait à le réduire.

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