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Appels automatisés: les conservateurs n'ont enfreint aucune règle, selon Harper

06/02/2013 02:58 EST | Actualisé 08/04/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le Parti conservateur n'a enfreint aucune règle en utilisant des appels automatisés pour sonder les électeurs au sujet de la modification des limites des circonscriptions électorales fédérales en Saskatchewan, a soutenu mercredi le premier ministre Stephen Harper.

Ce n'est pas l'avis des membres de l'opposition, dont le chef néo-démocrate Thomas Mulcair et le leader libéral Bob Rae, qui ont accusé les conservateurs d'avoir eu recours à ces appels «frauduleux» pour influencer le processus.

La commission indépendante chargée de délimiter les circonscriptions fédérales a proposé de revoir les limites des 14 circonscriptions saskatchewanaises afin de refléter l'augmentation de la population à Regina et à Saskatoon.

Les conservateurs, qui détiennent 13 des 14 sièges de la province, s'opposent à ces changements parce qu'ils craignent qu'un vote urbain plus concentré dans certaines circonscriptions n'avantage leurs adversaires.

Ils ont admis être responsables des appels automatisés reçus par des électeurs de la Saskatchewan, appels qui soutenaient que les modifications proposées représentaient une menace pour les valeurs provinciales.

Les appels ne mentionnaient aucun parti, mais disaient venir d'une entreprise appelée Chase Research. Les conservateurs ont admis que cette omission était une erreur.

Bombardé de questions par l'opposition mercredi, M. Harper a toutefois répondu que son parti n'avait enfreint aucune règle.

«Le parti a suivi les règles et notre position par rapport à la commission est très claire pour le public, a souligné le premier ministre devant la Chambre des communes. La commission travaille à redessiner la carte électorale conformément à la loi.»

Il a soutenu qu'interroger le public faisait partie du processus visant à produire de nouvelles circonscriptions et que le Parti conservateur avait agi dans le respect des règles de ce processus.

M. Rae a de son côté affirmé que ces appels étaient la preuve que les conservateurs voulaient façonner la carte électorale de manière à s'assurer le pouvoir.

Mais Stephen Harper a répliqué que la commission s'attendait à recevoir des commentaires provenant de l'extérieur. «Ces commissions acceptent et espèrent avoir l'avis des parlementaires, des partis politiques et du public», a-t-il indiqué.

Une déclaration accueillie avec mépris par M. Mulcair. «Depuis quand les appels automatisés sont considérés comme une source de renseignements pour nos processus politiques?» a-t-il lancé.

Le chef libéral adjoint Ralph Goodale a demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'ouvrir une enquête sur cette affaire.

M. Goodale, dont la circonscription se trouve en Saskatchewan, a déclaré que ces appels automatisés constituaient une déplorable tentative pour miner le travail de la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales et que la CRTC investiguer.

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