Nous sommes à quelques heures de la présentation du Super Bowl. Pour les amateurs, l'anticipation est grande. Pour les joueurs, c'est bientôt l'heure de la délivrance.

Oui, délivrance. Le mot n'est pas trop fort. Pour l'amateur de football, le botté d'envoi sera le début d'une soirée festive. Pour les joueurs, ce sera l'occasion d'évacuer d'un seul coup toute la pression - et même l'angoisse - qui pèse sur eux depuis leur arrivée en Louisiane.

Vue de l'extérieur, la kyrielle d'obligations contractuelles des joueurs des Ravens de Baltimore et des 49ers de San Francisco envers la plus importante semaine d'activités de la NFL peut sembler anodine. Mais vu de près, il en est tout autrement. Pour avoir eu le privilège d'assurer la couverture du Super Bowl de 2001 à 2005, je vous jure que pour les joueurs, cette semaine est tout sauf une partie de plaisir.

Bien sûr, tout le monde est tout sourire le mardi, quand les joueurs et entraîneurs des deux formations accueillent des milliers de représentants des médias dans le stade où va se disputer le match du dimanche.

Cette activité qui semble parfois plus promotionnelle que professionnelle est d'ordinaire le moment préféré des joueurs. Souvent accompagnés de leurs enfants, ils se font un plaisir de jouer le jeu au sein de ce joyeux capharnaüm où se côtoient officiels, médias et sportifs.

Les réponses sont le plus souvent badines ou programmées d'avance. Du point de vue du journaliste, il faut s'assurer de ne pas rater la déclaration-choc ou l'énormité du jour.

Cette année, la palme revient à Randy Moss des 49ers qui a déclaré sans rire qu'il était le meilleur receveur de passes de l'histoire de la NFL. Pas banal pour un joueur qui joue au sein de l'équipe fétiche de Jerry Rice, perçu par tous les observateurs comme étant la référence à sa position.

À huis clos

Mais le mercredi et le jeudi, les choses sont plus sérieuses. Les journalistes rendent cette fois visite aux joueurs à leur hôtel, le plus souvent, en s'entassant dans 4 ou 5 autobus qui font la navette entre les hôtels et le centre des médias sous escorte policière.

La NFL a beau avoir les moyens, la progression de ce cortège atypique ressemble à un cirque. C'était particulièrement vrai en 2002, à La Nouvelle-Orléans, alors que la ville était remplie de militaires à la suite des attentats du 11 septembre 2011.

Alignés sur des petites estrades ou attablés à de grosses tables de conférence, les joueurs recommencent la valse des entrevues. L'atmosphère a beau être conviviale, certains se prêtent à l'exercice avec plus d'amabilité que d'autres. Ici, il faut comprendre que l'horaire qui prévaut est celui de la presse. Pas celui des joueurs.

Lorsque le Super Bowl est présenté sur la côte ouest, comme ce fut le cas à San Diego en 2003, la NFL tient compte du décalage horaire. La première équipe qui se pointe devant les médias doit donc être debout dès 7 h du matin. Disons simplement que de massifs joueurs de ligue de plus de 300 livres levés trop tôt à leur goût n'ont pas toujours envie de discuter avec les médias.

En revanche, il y a les as du micro. Des athlètes comme Tom Brady et Donovan McNabb se prêtent avec professionnalisme à l'exercice, donnant juste ce qu'il faut de copie aux journalistes sans dévoiler les plans de matchs. D'autres sportifs sont des personnages comme Warren Sapp et Terrell Owens. Eux, ils ont toujours quelque chose à dire et ils sont un régal à entendre.

Ray, le demi-dieu

Ray Lewis aussi, tiens. En 2001, à Tampa, à sa première participation au Super Bowl, il avait le goût de jaser football, le Ray. Avec quatre ou cinq collègues, nous avions droit à une véritable clinique de football.

Lewis était d'autant plus intéressé à causer ballon ovale qu'il venait tout juste de se dépêtrer d'une situation nébuleuse. Longtemps suspect dans une histoire de double homicide, il avait été, en définitive, reconnu coupable d'obstruction à la justice en échange de son témoignage.

Le gros gaillard était souriant ce jour-là jusqu'à ce que s'approche son coéquipier Shannon Sharpe - le boute-en-train des Ravens. S'appuyant sur Lewis qui était assis, Sharpe a commencé à dire que son pote était le meilleur, qu'il n'avait jamais rien fait de mal, que c'était le meilleur type au monde, que tout ce qu'on lui reprochait était faux, etc.

Plus Sharpe en rajoutait, plus le visage de Lewis ressemblait à celui qu'il montre aux quarts adverses. On a vraiment cru un instant que Lewis allait se lever et pulvériser son coéquipier, mais il s'est contenté de partir.

C'est un peu le sentiment qui anime les représentants des médias le jeudi quand on reprend le petit jeu pour une troisième fois : filer au plus vite. Les joueurs offrent des réponses évasives, les regards sont fuyants, les discussions tournent en rond et on sent que les joueurs ont hâte de pouvoir se mettre toutes leurs énergies sur les derniers entraînements.

On se sait trop comment les joueurs composent avec la pression lors des derniers jours, mais dites-vous bien qu'elle ne fait que croître.

On compare parfois les joueurs présents au Super Bowl à des gladiateurs de la Rome antique qui vont s'affronter au cirque. Pas vraiment.

Les joueurs des Ravens et des 49ers ne sont pas des gladiateurs. Ce sont des fauves qui viennent d'être cloitrés depuis une semaine. Il ne reste plus qu'à voir lesquels quitteront l'arène du Superdome avec le trophée Lombardi.

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  • Qui va gagner?

    Bonne question. À Las Vegas, les 49ers sont favoris par quatre points, à une semaine du match. Selon les experts, le montant total des paris faits à Las Vegas seulement devrait s’approcher et pourrait même battre le record de 94,9 millions $ établi en 2006. Sachant que le seul endroit aux États-Unis où il est légal de miser sur le Super Bowl est le Nevada, il faut préciser que ce montant ne représente en fait qu’une petite partie des paris qui seront pris ailleurs aux États-Unis, dans l’illégalité.

  • Billets à vendre

    Le Superdome (http://www.superdome.com) accueille le Super Bowl pour la 7e fois de son histoire, un record. Le Mercedes-Bowl Superdome, comme on l'appelle actuellement, compte 73 208 sièges selon le site officiel du Super Bowl. Sans oublier ses 152 loges… La NFL a distribué 17,5% des billets aux Ravens et la même quantité aux 49ers. Les Saints, comme équipe hôtesse, ont eu droit à 5% des billets tandis que les autres équipes ont obtenu 1,2 % des places. Le reste est géré par la ligue. Ces billets sont surtout distribués à l'aide de loteries qui en permettent l'achat, ou remis en cadeaux. Sur le site officiel, les billets les moins chers – et les plus éloignés du jeu – sont vendus entre 2000 et 3500$. Le prix d’une loge ? Quelque part entre 100 000 et 550 000$ !

  • Le Harbaugh Bowl

    Une première dans l'histoire des Super Bowl: deux frères entraîneurs-chefs s'y affronteront. John Harbaugh (Ravens, sur la photo) et Jim Harbaugh (49ers) ont déjà été opposés une fois dans un match de la NFL. C'était en 2011, et la formation de John avait eu le dessus par la marque de 16-6. À 50 ans, John est le plus vieux, par 15 mois. C’est donc dire que Jim, des 49ers, a 49 ans. Avis aux superstitieux… La confrontation familiale attire la curiosité pour ce match qu’on surnomme aussi le Harbaugh Bowl, le Brother Bowl, le SuperBaugh, le HarBowl...

  • Ray Lewis

    Ray Lewis, 37 ans, a annoncé il y a quelques semaines à peine que cette saison serait sa dernière. Le secondeur intérieur qui a déjà reçu 13 sélections au Pro Bowl, le match des étoiles de la NFL, ne savait pas à ce moment que sa saison allait s’étirer au maximum. Le 52 a été un maillon important de la défensive des Ravens durant 17 saisons et les a déjà aidés à remporter un Super Bowl, en 2000. C’est également le seul joueur encore présent de la saison inaugurale des Ravens à Baltimore, en 1996. Une belle histoire, et une motivation supplémentaire dans le vestiaire.

  • Les quarts en présence

    Fait particulier, aucun des deux quarts-arrières en présence n’est réellement considéré comme une superstar. Pas de Peyton Manning, de Tom Brady ou d’Aaron Rodgers. Joe Flacco (Ravens) et Colin Kaepernick (49ers, sur la photo) ont tout de même mener leur club à la rencontre ultime. Reste à voir si un des deux hommes sera en mesure de prendre les choses en mains.

  • L'hymne national

    Alicia Keys aura l’honneur de chanter l’hymne national américain en début de match. La chanteuse a indiqué qu’elle avait l’intention d’en offrir une version différente, jamais entendue auparavant. De quoi compliquer la vie à ceux qui parient sur la durée de l’hymne national ! Parce que oui, c’est possible de parier là-dessus…

  • La mi-temps: Beyoncé

    Si certains regardent le Super Bowl pour les pubs, d’autres le regardent pour le spectacle de la mi-temps. Cette année, le « Pepsi Super Bowl Halftime Show » sera offert par Beyoncé, qui devrait monter sur scène vers 20 h. Beyoncé n’en est pas à son premier Super Bowl, elle qui avait chanté l’hymne national au Super Bowl XXXVIII à Houston en 2004. La prestation devrait durer environ 17 minutes. Bien sûr, chaque spectacle propose ses surprises (ou ses scandales!). Cette année, les rumeurs évoquent la présence de ses ex-collègues de Destiny's Child et Jay-Z. La grande question : chantera-t-elle en playback, comme elle l’a fait lors de l’investiture d’Obama ?

  • Un show de télé

    L’an dernier, 111,3 millions de personnes ont écouté l’affrontement entre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et les Giants de New York. Pour combler tout ce monde cette année, le diffuseur officiel américain, CBS, déploiera pas moins de 62 caméras pour couvrir l’événement. La programmation spéciale commencera dès 11h. Au Canada, CTV diffuse le match avec des émissions sur le sujet qui seront aussi diffusées à partir de 11h. La diffusion sera disponible gratuitement sur le web au TSN.ca. Sur RDS, la couverture commence à 17h30, avec un match du Canadien en après-midi!

  • Les dollars publicitaires

    Un spot publicitaire coûtera 4 millions $ pour 30 secondes. C’est 133 333$ par seconde. Voilà pourquoi les annonceurs cherchent chaque année à tirer leur épingle du jeu, avec des concepts qui s’amorcent même des semaines à l’avance. Par exemple, Coke <a href="http://www.cokechase.com">a permis aux internautes de décider de la fin de sa publicité</a>, Audi <a href="http://www.youtube.com/audiusa">a demandé à ses fans de choisir une pub parmi les trois offertes</a> et Doritos <a href="http://crashthesuperbowl.com">permet de voter pour sa pub préférée conçue par un amateur</a>. Et les vedettes défileront : Kate Upton (photo), Psy, Amy Poehler, Kaley Cuoco, Danica Patrick sont notamment attendus. À noter, GM a indiqué qu'il ne figurerait pas parmi les annonceurs cette année en raison des coûts élevés.

  • Un peu d'histoire

    En remportant un 6e Super Bowl, les 49ers pourraient rejoindre les Steelers de Pittsburgh et revendiquer eux aussi le titre d'équipe ayant remporté ce match mythique le plus grand nombre de fois. La fiche des 49ers au Super Bowl est parfaite pour le moment, avec un bilan de 5-0. Il s’agit en fait de la seule équipe invaincue parmi celles qui ont eu plus d’une présence au Super Bowl. Les Ravens, de leur côté, en seront à leur 2e participation. Ils avaient remporté le trophée Vince Lombardi lors de leur première participation, en 2001.