Le PDG de Génius Conseil, Michel Lalonde, a été forcé d'admettre, lors des différents contre-interrogatoire ce matin, qu'il a eu, plus d'une fois, le choix d'agir autrement qu'il ne l'a fait. « C'est un peu à nous de se reprendre en main », a d'ailleurs convenu M. Lalonde à une question de la commissaire Charbonneau.

Lors du premier contre-interrogatoire ce matin, l'avocat de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), Me Simon Bégin est revenu notamment sur la façon dont Génius « accommodait » les entrepreneurs en abusant, avec leur complicité, de l'enveloppe prévue pour les imprévus sur les chantiers. Les imprévus, dit-il, étaient réels, mais l'évaluation de leur coût était volontairement faussée.

L'enveloppe de contingence était dépensée à « un niveau un peu plus élevé que ce qu'elle aurait dû », a dit M. Lalonde, elle pouvait être dépensée à 50 % ou 80 %. La pratique servait à obtenir du comptant pour faire du financement politique.

Le président de Génius soutient que cette pratique n'a plus cours : « Aujourd'hui, on paie l'entrepreneur pour le travail qu'il fait, il n'y a plus d'«accommodements ».

Enfin, Me Bégin lui a présenté une liste de 27 entrepreneurs avec lesquels M. Lalonde avait travaillé. Ce dernier ne se souvient pas en avoir accommodé plus de la moitié.

« Il y a donc des entrepreneurs honnêtes ? » a demandé l'avocat des constructeurs de routes et grands travaux du Québec : « Absolument ! », répond Lalonde.

L'avocat du procureur général du Québec, Benoît Boucher, a ensuite contre-interrogé le PDG de la firme de génie-conseil Génius sur le cas de Claude Millaire, un homme qui l'aurait favorisé pour obtenir un contrat du MTQ.

Me Boucher a souligné qu'il n'est pas sûr, au regard des notes attribuées à Génius par les membres du comité de sélection, que M. Millaire l'ait vraiment avantagé. Il lui a aussi souligné que, plutôt que de s'acoquiner à ce dernier, il aurait pu le dénoncer au ministère, ce que M. Lalonde admet n'avoir jamais envisagé :« Je regrette, malheureusement, non ».

L'avocat de la Ville de Montréal, Me St-Jean, a contre-interrogé à son tour M. Lalonde. Le PDG de Génuis a admis que ces accommodements sont, de fait, des actes de complicité dans des stratagèmes illégaux. Il se défend par contre d'être l'initiateur du système de collusion à la Ville de Montréal, dans lequel il a déjà reconnu avoir joué un rôle clé pour les firmes, le premier rôle revenant à l'argentier d'Union Montréal, Bernard Trépanier.

« Tout le concept de sollicitation politique nous a amené à devenir un acteur. On s'est retrouvé pris dans cette approche-là. On a adhéré... », a dit M. Lalonde.

Il a par ailleurs précisé que c'est par Bernard Trépanier et Nicolo Milioto, de Mivela Construction, qu'il a appris que les entrepreneurs, tout comme les firmes de génie-conseil, versaient leur 3 % à Union Montréal.

Le procureur en chef adjoint de la commission, Denis Gallant, poursuivra cet après-midi son interrogatoire sous ordonnance de non-publication. Michel Lalonde sera alors questionné sur le rôle qu'il a pu jouer dans les évènements qui ont mené aux projets Fiche (Boisbriand) et Faufil (Faubourg Contrecoeur).

Les contre-interrogatoires portant sur ces deux dossiers se dérouleront également sous ordonnance de non-publication.

C'est le Directeur des poursuites criminelles et pénales qui avait déposé une demande d'ordonnance de non-publication, requête qui a été accordée de façon préventive mercredi matin par la commissaire France Charbonneau.

Les avocats des médias devraient donc plaider pour une levée totale ou partielle du témoignage de Michel Lalonde dès que l'exercice aura été complété.

Selon la SQ, l'enquête du projet Fiche a permis de démontrer qu'un système a longtemps été en place dans la Ville de Boisbriand pour favoriser certaines firmes de génie-conseil pour le partage de contrats municipaux lucratifs. Des avantages auraient été fournis à certains anciens élus en échange de décisions favorables de leur part dans l'octroi de contrats.

Le projet Faufil aurait quant à lui permis de mettre au jour un stratagème qui se serait conclu par une fraude de 1 million de dollars réalisée au détriment de la Société d'habitation de Montréal (SHDM). La SQ allègue que l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino et le directeur général de la SHDM, Martial FIllion, ont bénéficié d'avantages personnels en échange d'informations privilégiées fournies à Frank Catania et associés, la firme choisie pour réaliser ce projet résidentiel. Neuf personnes sont accusées dans ce dossier.

Le PDG de Génius Conseil a expliqué mardi que sa firme a versé illégalement, dans les années 2000, un total de 240 000 $ aux partis provinciaux, tant au PQ qu'au PLQ et à l'ADQ, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, afin de « développer ses affaires ».

Michel Lalonde a révélé en outre que sa firme avait donné de nombreux cadeaux à un membre d'un comité de sélection du ministère des Transports. Une somme de 25 000 $ lui a notamment été remise après l'obtention d'un gros contrat.

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  • Jean Roberge

    Le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, a confirmé avoir pris part au système de collusion à la Ville de Laval. « J'y ai moi-même participé », a-t-il confié à la commission Charbonneau. Jean Roberge a pris part à ce système alors qu'il était à la tête de la firme d'ingénieurs Équation Groupe Conseil, de 2002 à 2007. (Source: Radio-Canada)

  • Gaétan Turbide

    Le directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, devait ouvrir le chapitre sur la ville de Laval, mais la commission Charbonneau a mis de côté son témoignage à la dernière minute. Vers 10:30 le matin même où devait débuter son témoignage, la procureure en chef Sonia Lebel a expliqué que la commission avait obtenu de nouvelles informations à son sujet. « À 9 h 15 ce matin, les procureurs de la commission ont appris des informations qui leur font sérieusement mettre en doute la crédibilité du prochain témoin, Gaétan Turbide ». C'est donc l'adjoint de Gaétan Turbide, Jean Roberge, qui est venu témoigner sur les malversations alléguées à la Ville de Laval. (Source: Radio-Canada)

  • Gérald Tremblay

    L'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, a affirmé avoir congédié le collecteur de fonds Bernard Trépanier après avoir appris qu'il aurait exigé un pot-de-vin de 1 million$ à un promoteur. Le collecteur de fonds aurait demandé cette somme au promoteur SmartCentres pour un projet immobilier dans l'arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension. Par ailleurs, Gérald Tremblay a soutenu que son parti, Union Montréal, n'a jamais bénéficié de la fameuse cote de 3% que Bernard Trépanier aurait récolté auprès des firmes de génie collusionnaires. (Source: Radio-Canada)

  • Frank Zampino

    La commission a prouvé que Frank Zampino et Tony Accurso ont fait un voyage ensemble à Las Vegas en septembre 2006, en dévoilant quelques photos faites lors de ce voyage. La commission a du même coup dévoilé quelques photos d'un autre voyage que M. Zampino a effectué avec M. Accurso à Las Vegas, en février, cette fois en compagnie de l'ex-directeur général de la Ville, Robert Abdallah. L'ancien bras droit du maire Gérald Tremblay a admis qu'il a séjourné sur le bateau de l'entrepreneur en construction Tony Accurso avec sa famille dès 2005, sans payer quoi que ce soit. Ce voyage n'avait jamais été révélé, contrairement à ceux qu'il a effectués en février 2007 et 2008, soit avant et après le lancement de l'appel d'offres dans le dossier des contrats d'eau. <em>Le Huffington Post Québec avec Radio-Canada</em>

  • Bernard Trépanier

    Bernard Trépanier a reçu des honoraires de 900 000 $ de Dessau entre 2002 et 2010, dont quelque 150 000 $ alors qu'il occupait le poste de directeur du financement d'Union Montréal. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Rosaire Sauriol

    Moins d'une semaine après son témoignage à la commission Charbonneau, le vice-président de la firme Dessau, Rosaire Sauriol, a annoncé qu'il démissionnait du poste qu'il occupait au sein de l'entreprise depuis 1986. (Source: Radio-Canada)

  • Pierre Lavallée

    L'ancien président de BPR Inc., Pierre Lavallée, a confirmé qu'il a accepté de payer la ristourne de 3 % demandée par le directeur du financement d'Union Montréal Bernard Trépanier pour avoir accès aux contrats de la Ville de Montréal. « C'est stupide, on n'aurait jamais dû faire ça, mais on l'a fait ». Pierre Lavallée a démissionné de son poste de président de la firme BPR, qu'il occupait depuis 2008, le 26 mars 2013.

  • Yves Cadotte

    Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sollicitaient directement SNC-Lavalin pour obtenir des contributions politiques, a affirmé le vice-président principal de la firme de génie-conseil, Yves Cadotte. La firme récoltait ensuite les chèques des cadres supérieurs qui voulaient contribuer et les remboursait par des bonis versés spécifiquement à cette fin. (Source: Radio-Canada)

  • Claude Meunier

    Un autre ingénieur, Charles Meunier, qui travaillait cette fois pour la firme BPR, a confirmé qu'il a servi d'intermédiaire pour remettre des milliers de dollars comptant à Bernard Trépanier, l'ancien responsable du financement d'Union Montréal.

  • François Perreault

    Genivar a eu recours à de la fausse facturation pour pouvoir faire du financement politique municipal, a admis un ex-vice-président. François Perreault, qui a été vice-président de Genivar, a assuré que si la firme donnait aux partis politiques, c'est parce qu'elle était sollicitée pour le faire."Si on n'avait pas joué le jeu, je ne crois pas qu'on aurait survécu dans ce monde-là. C'est presque une obligation" au municipal, a-t-il lancé. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Christian Ouellet

    Le mode de financement du parti Union Montréal, de 2004 à 2008, venait en partie de celui du Parti libéral du Québec, a expliqué à la Commission Charbonneau Christian Ouellet, ancien directeur général du parti Union Montréal, qui a aussi travaillé au PLQ. Par ailleurs, M. Ouellet, a reçu quelque 60 000 $ par année de la firme de génie-conseil Roche. Il disait n'y voir aucun conflit d'intérêts, n'a jamais avisé de cela le comité exécutif de la Ville ou le maire et a maintenu qu'il ne faisait que cumuler deux mandats à titre de consultant. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Claude Léger

    L'ex-directeur général de la Ville de Montréal a admis à la commission Charbonneau que Frank Zampino lui a fait des demandes inappropriées, mais qu'il n'en a jamais parlé à Gérald Tremblay, par crainte... « Est-ce que vous vous seriez qualifié de naïf, que c'est peut-être l'image que vous projetiez? » lui a alors demandé la commissaire France Charbonneau. « Je pense que oui », a répondu Claude Léger. (Source: Radio-Canada)

  • Robert Marcil

    Lors de son témoignage, l'ex-directeur de la réalisation des travaux publics à la Ville de Montréal, Robert Marcil, a assuré qu'il n'était pas au courant que des entrepreneurs en construction faisaient de la collusion pour se répartir des contrats publics.

  • Joseph Farinacci

    L'ex-directeur de la Direction des stratégies et transactions immobilières de la Ville de Montréal, Joseph Farinacci, a affirmé que la vente du site Marc-Aurèle Fortin au promoteur immobilier Petra-St-Luc s'est produite de façon « irrégulière », après que l'ex-président du comité exécutif Frank Zampino, eut intervenu dans ce dossier.

  • Nicolo Milioto

    « C'est quoi la mafia M. Milioto? », lui a demandé la procureure en chef Sonia Lebel.« Je ne sais pas », a répondu l'homme qui fréquentait pourtant Nicolo Rizzuto père au café Consenza. Nicolo Milioto dit ne rien savoir des activités criminelles alléguées de Rizzuto. Il dit avoir croisé certains lieutenants du clan Rizzuto au café Consenza, sans savoir ce qu'ils faisaient dans la vie. (Source: Radio-Canada)

  • Giuseppe Borsellino

    Giuseppe Borsellino a fait des aveux sur son financement d'Union Montréal. Le témoin a entre autres admis qu'il avait fait un voyage de pêche à Plattsburgh le 5 juin 2008 avec Yves Lortie de Genivar et Robert Marcil, à l'époque grand patron des travaux publics à la Ville de Montréal.

  • Michel Lalonde

    Le président de la firme Génius Conseil, Michel Lalonde, affirme que sa firme ainsi que plusieurs autres remettaient des montants en argent à des partis municipaux ou provinciaux pour obtenir des contrats. Union Montréal, Vision Montréal, différentes élus de la rive nord de même que le PLQ, le PQ et l'ADQ auraient notamment bénéficié de ces montants.

  • Le maire de Laval Gilles Vaillancourt démissionne

    Dans la foulée, après avoir été visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/09/maire-laval-gilles-vaillancourt-demission_n_2099363.html">Gilles Vaillancourt a démissionné</a>. Par ailleurs, le maire de Mascouche, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/30/le-maire-de-mascouche-demission-marcotte_n_2217433.html">Richard Marcotte, a aussi quitté ses fonctions</a>. (Crédit photo: PC)

  • Le maire de Montréal Gérald Tremblay démissionne

    « On a trahi ma confiance, j'en assume l'entière responsabilité. » — <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/05/gerald-tremblay-retour_n_2075539.html">Gérald Tremblay</a>. (Crédit photo: PC)

  • Martin Dumont

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/30/martin-dumont-union-montreal-commission-charbonneau_n_2042857.html">Le témoignage de Martin Dumont</a>, ancien organisateur du parti de Gérald Tremblay, est un coup dur pour le maire de Montréal. Il affirme que ce dernier connaissait l'existence d'une double comptabilité dans son parti. (Crédit photo: PC)

  • Luc Leclerc

    Luc Leclerc, ancien surveillant de chantier à la Ville de Montréal,<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/01/luc-leclerc-commission-charbonneau-jeudi_n_2055838.html"> a reconnu avoir reçu au moins 500 000 $ en pots-de-vin</a> de la part d'entrepreneurs en construction. (Crédit photo: PC)

  • Gilles Surprenant

    Gilles Surprenant a corroboré le témoignage de monsieur Zambito. Il a entre autres affirmé avoir reçu <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/24/commission-charbonneau-surprenant-_n_2008604.html">quelque 700 000 $ en pots-de-vin</a> de la part des dix entrepreneurs membres du cartel des égouts actif à Montréal entre 2000 et 2008.

  • Lino Zambito

    Lino Zambito a mis à nu le stratagème de corruption et de collusion. Pendant sept jours, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/01/commission-charbonneau-lino-zambito-suite-temoignage_n_1928373.html">il explique que la mafia recevait 2,5 % des contrats</a>, le parti du maire Tremblay, 3 %. Il implique notamment le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et des organisateurs libéraux comme Pierre Bibeau. (Crédit photo: PC)

  • Joe Pistone

    La commission d'enquête sur l'industrie de la construction a entendu l'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/24/commission-charbonneau-joe-pistone-donnie-brasco_n_1908716.html">ex-agent vedette du FBI Joseph Pistone</a>. L'homme de 73 ans a témoigné derrière un paravent, au sujet des des liens que les clans mafieux montréalais ont entretenus avec la famille Bonanno de New York. (Crédit photo: PC)

  • Jacques Duchesneau

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/06/18/commission-charbonneau-duchesneau-lundi_n_1605415.html">La commission a entrepris ses audiences</a> avec un témoin incontournable pour mettre la table, Jacques Duchesneau. (Crédit photo: PC)