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La griffe de David Giguère (PHOTOS)

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DAVID GIGUERE
Jean-François Cyr

Afin de célébrer le premier anniversaire de son album intitulé Hisser haut, quoi de mieux pour David Giguère qu'une rentrée montréalaise ? Dans un National assez bien rempli, le jeune artiste aux multiples talents a présenté vendredi soir une version revisitée de son spectacle qu'il a trimbalé ça et là au Québec au cours de la dernière année. Proposition plutôt convaincante d'un chanteur qui promet.

Tout comme Giguère le dira sur scène durant le concert, cette « soirée spéciale » avait en effet quelque chose de fort symbolique : apogée d'un parcours artistique 2012 étonnant et stimulant pour le jeune homme qui s'est aussi fait connaître comme comédien au théâtre et au cinéma. Et qui, rappelons-le, était à peu près inconnu du milieu musical il y a deux ans.

Gonflé d'émotion (album bien reçu en janvier dernier, bel accueil dans les salles, bonnes critiques de son travail dans l'ensemble...), Giguère s'est donc présenté à l'audience vers 21h pour partager ce spectacle signé (tout nouveau) par le metteur en scène Christian Lapointe. Les trois premiers morceaux, Dépanneur (sur cette pièce, Giguère aura la visite de Karim Ouellet, un autre jeune talent tout plein de promesses), 1-2 et Carambolage seront bien réussis.

Entouré de Camille Poliquin (chœur et glockenspiel), Laurence Lafond-Beaulne (chœur et basse), Nico Ormiston (guitare), Benjamin Vigneault (batterie) et Gabriel Gagnon (claviers), David Giguère propose un univers musical accrocheur, ancré dans la pop, le folk et l'électro. Ses interprétations sont teintées de poésie et passablement influencées par les mots, qui évoquent l'amour, le désir, le rêve, la rupture. Certaines passages font penser au chanteur Pierre Lapointe (montées dramatiques), à Yann Perreau ou encore Jean-Pierre Ferland (à ses débuts).

La voix chaude, puissante, charmante et un brin rocailleuse du jeune homme sait habilement charmer les spectateurs qui chantaient parfois les paroles.

La musique d'abord

Rapidement, on peut réaliser que la présentation est relativement simple, sans artifices malgré l'allégeance de Giguère pour le théâtre. À l'aise sur les planches, il a visiblement choisi son camp pour Hisser haut : la musique avant tout. Même si Giguère porte les deux chapeaux, il semble avoir mis de côté le jeu (il ne s'empêche quand même pas quelques petites pirouettes et autres envolées) pour laisser toute la place à la chanson. On a souvent entendu que David Giguère tenait à s'éloigner des atmosphères trop théâtrales qui l'animent dans son autre vie parallèle. En soirée, il s'est simplement permis un dialogue nourri avec l'auditoire, jasant et blaguant de temps en temps entre les morceaux. Pour le reste, Giguère a alterné les performances entre le micro sur pied situé à l'avant-scène et son clavier disposé un peu plus en retrait.

Après l'interprétation de la pièce Elle et lui, livrée de manière assez rock, le chanteur raconte notamment qu'il a récemment reçu de bonnes nouvelles : « On va se promener encore avec ce projet. Une tournée au Québec et même des dates en Europe. Je me sens très choyé. La dernière année a vraiment été folle, j'ai vécu plein de belles choses. Et ça continue. »

À Madame M, le jeu de la basse est sympathique et la jolie voix de Camille Poliquin vient ajouter une touche de douceur et de naïveté. En général, les deux voix féminines feront d'ailleurs du bon travail, en ajoutant une couche supplémentaire de sensibilité à l'œuvre globale. Cela dit, l'équipe abuse peut-être légèrement du travail de Poliquin (pensons à Comme toi) qui rappellent le souffle sensible et fragile des Cœur de pirate ou Fanny Bloom.

L'auteur-compositeur-interprète aura joué au final quelques 15 chansons, dont Encore, L'Atelier, Désirs (« Laissez-moi aller »), Viens que je te griffe et l'incontournable chanson-titre de l'album Hisser haut, dans un joli délire de rock rêvé. Outre la projection vidéo (très artisanale et parfois bancale, on aime ou on n'aime pas) et le morceau Rimbaud (trop dramatique, texte-semi récité, mélodie un tantinet boiteuse) qui peine un peu à trouver sa place dans cet ensemble, le spectacle est réussi. Truffé d'arrangements originaux, efficaces, intelligents et finement texturés, ça sent la touche de collaborateurs de talent, comme Ariane Moffatt (elle a mis sa touche en studio), et Pierre-Philippe « Pilou » Côté (réalisation de l'album).

Évidemment, ce concert déjà bien foutu, gagnera en maturité. Tant mieux, car la musique de David Giguère, qui parfois berce, tantôt fait danser, est doublement efficace sur scène. Avec son bagage de comédien, il sait incarner sans excès ses chansons qui jonglent avec le romantique, le charnel, le festif et le mélancolique.

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