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Syrie: Navi Pillay demande au Conseil de sécurité de l'ONU de saisir la CPI

18/01/2013 01:41 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a demandé une nouvelle fois vendredi au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) des crimes commis en Syrie.

"J'ai demandé au Conseil de saisir de ce conflit la CPI afin qu'elle enquête sur les crimes de guerre et crimes contre l'humanité", a indiqué à la presse Mme Pillay après avoir rendu compte au Conseil de la situation humanitaire en Syrie.

Mme Pillay a répété "sa ferme conviction que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité sont commis et ont été commis en Syrie" et doivent être sanctionnés. Elle a cependant reconnu que le Conseil "n'avait donné aucune indication" sur le fait qu'il ait l'intention de prendre une décision rapidement.

Le président en exercice du Conseil, l'ambassadeur pakistanais Masood Khan, a confirmé que le sujet avait été discuté mais que les 15 pays membres n'avaient abouti à "aucune conclusion".

Mme Pillay a indiqué que le nombre de morts en Syrie depuis le début de la crise syrienne en mars 2011 avait désormais "atteint 60.000" et a souligné l'intensification des pertes humaines: "auparavant il y avait 1.000 morts par mois, maintenant c'est 5.000 par mois".

Cette initiative de Mme Pillay intervient quelques jours après qu'un groupe de 57 pays mené par la Suisse a demandé lundi dans une lettre au Conseil de saisir la CPI à propos de la Syruie.

Les signataires comprennent de nombreux pays européens (dont la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne) ainsi que l'Australie, le Japon, la Libye ou la Tunisie.

La Syrie n'ayant pas adhéré à la création de la CPI, il faut une intervention du Conseil pour que la Cour soit saisie, ce qui semble hautement improbable pour l'instant étant donné la protection que Moscou et Pékin continuent d'apporter au Conseil à leur allié syrien.

La Russie et la Chine ont mis à trois reprises leur veto à des projets de résolution occidentaux pour faire pression sur le président Bachar al-Assad.

La Russie a jugé mardi "contre-productive" l'initiative de 57 pays.

avz/mdm

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