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Pour les rebelles, la clé d'Alep se trouve dans ses aéroports

18/01/2013 05:03 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Bloqués sur les fronts de la métropole d'Alep, les rebelles tentent désormais de prendre les deux aéroports l'entourant pour priver le régime de son principal atout et enlever la deuxième ville de Syrie à l'armée.

"Si l'aéroport tombe, alors tout Alep tombera", lance le colonel Abou Qoussaï, l'un des commandants rebelles en charge de l'assaut lancé sur plusieurs fronts contre l'aéroport d'Alep, le premier aéroport international a être fermé en Syrie en raison de combats.

"Nous attaquons depuis 25 jours", dit-il entouré de ses jeunes combattants en uniformes dépareillés, assurant que la rébellion a perdu 12 hommes jusque-là.

Au-delà du symbole, cet aéroport est stratégique car les rebelles accusent l'armée de s'en servir pour approvisionner les troupes à Alep en munitions, en armes et en renfort.

Mais avant d'accéder à l'aéroport lui-même, il faut d'abord prendre la brigade 80 en charge de sa protection et faire face aux raids des avions de combat et des hélicoptères du régime sur les positions rebelles environnantes.

Installé dans l'une d'elle, Abou Qoussaï se dit confiant, avançant le chiffre de 400 rebelles rassemblés pour venir à bout des 150 hommes de la brigade 80.

"Ces deux derniers jours, cinq soldats ont fait défection", dit-il, ajoutant que les rebelles prennent garde de ne pas tirer sur des soldats qui semblent quitter la base pour déserter. "Beaucoup d'entre eux veulent déserter".

Prendre Alep, la deuxième ville du pays située dans le Nord, serait un gain considérable pour les rebelles, qui tiennent déjà une large partie de sa région nord-ouest.

Mais depuis plus de quatre mois, les fronts ne bougent quasiment plus dans cette ancienne capitale économique, où les habitants ont presque fini par s'habituer aux bombardements et aux coupures de courant.

Et s'emparer de son aéroport international serait un véritable coup dur porté à l'armée de l'air, principal atout du régime dans le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60.000 morts en 22 mois.

Récemment, les rebelles ont enregistré un premier succès en prenant l'aéroport militaire de Taftanaz, à 50 kilomètres au sud-ouest d'Alep. Au terme d'une offensive longue et violente, ils ont réalisé leur prise la plus importante du conflit.

Taftanaz a été enlevé aux troupes du régime par le Front jihadiste al-Nosra, appuyé par d'autres brigades islamistes. Dans le passé, les rebelles avaient conquis deux aéroports de moindre importance dans l'est et la région de Damas.

Abou Maher, commandant rebelle à Alep, lui, attaque avec ses hommes l'aéroport militaire de Koueiris, à 40 kilomètres à l'est d'Alep, où l'AFP n'était pas en mesure de se rendre, en raison du danger.

"Les avions et les hélicoptères décollent de cet aéroport pour nous attaquer", dit-il, et "beaucoup de soldats" y sont basés.

Mais Abou Maher est sûr de pouvoir gagner la bataille car "ils ont très peur et leur moral est au plus bas".

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