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Netanyahu exclut toute évacuation de colonies en cas de victoire électorale

18/01/2013 02:14 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu s'est engagé, dans des déclarations publiées vendredi, à ne procéder à aucune évacuation de colonies en Cisjordanie durant les quatre prochaines années en cas de victoire aux élections législatives du 22 janvier.

En réponse à une question du quotidien Maariv; "Pouvez-vous promettre que pendant les quatre années à venir aucune colonie ne sera démantelée?" M. Netanyahu a répondu: "Oui. Les jours où les bulldozers déracinaient les juifs sont derrière nous et pas devant nous".

"Nous n'avons déraciné aucune implantation, nous les avons renforcées", a-t-il insisté en rappelant que son gouvernement avait créé la première université israélienne en Cisjordanie occupée, dans la colonie d'Ariel.

"Personne n'a de leçon à me donner pour ce qui est de l'amour d'Eretz d'Israël (la "Terre d'Israël") ou de l'engagement vis-à-vis du sionisme et des implantations", a souligné M. Netanyahu.

Il faisait clairement allusion à la liste du Foyer juif, un parti nationaliste religieux dirigé par Naftali Bennett qui prône la colonisation accélérée de la Cisjordanie et à qui les sondages prédisent une percée au détriment de la liste de droite de Benjamin Netanyahu.

Pour Hanan Cristal, commentateur de la radio publique, M. Netanyahu "a dans la dernière ligne droite de la campagne donné un coup de barre à droite sur la question des colonies pour tenter de séduire les électeurs du Likoud, attirés par un vote en faveur du Foyer juif".

Dans une autre interview au quotidien anglophone Jerusalem Post, le Premier ministre reconnaît qu'il y a des "différences" entre lui et le président américain Barack Obama, "en particulier sur le meilleur moyen de faire avancer et parvenir à une paix qui soit défendable avec les Palestiniens".

"Je suis certain que le président Obama comprend que seul le gouvernement souverain et élu peut déterminer les intérêts nationaux vitaux d'Israël, spécialement en ce qui concerne sa sécurité", a plaidé M. Netanyahu.

Un chroniqueur de Bloomberg View, Jeffrey Goldberg, a récemment rapporté dans un éditorial des propos de M. Obama selon lequel "Israël ne sait pas quel est son propre intérêt" et la colonisation mène ce pays "sur un chemin (le conduisant) près d'un isolement total".

Selon les derniers sondages autorisés avant le scrutin publiés vendredi par plusieurs médias, la liste de droite de M. Netanyahu est créditée de 32 à 35 sièges sur 120 contre 42 dans le Parlement sortant.

Le Parti travailliste (opposition) obtiendrait 16 ou 17 sièges, le Foyer Juif 13 ou 14, les ultra-orthodoxes du Shass 11 ou 12, Yesh Atid, un nouveau parti centriste, 10 à 13, et HaTnouah, un autre parti centriste dirigé par l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, 7 ou 8.

Dans tous les cas de figure, le bloc de M. Netanyahu devance l'opposition centriste et de gauche qui n'est pas parvenue à s'unir contre lui.

jlr/agr/tp

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