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Les Palestiniens se préparent à affronter un nouveau gouvernement Netanyahu

18/01/2013 04:38 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Anticipant une dégradation de la situation après les élections israéliennes, les Palestiniens comptent sur leur nouveau statut international et les efforts de réconciliation interne pour faire face à un gouvernement Netanyahu encore plus à droite.

"Nous nous attendons à un changement pour le pire et à une augmentation de l'extrémisme israélien, d'autant plus que Netanyahu est maintenant allié aux plus extrémistes, et cela n'augure rien de bon", a déclaré à l'AFP Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu fait liste commune avec Israël Beiteinou, le parti nationaliste de son ex-ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

M. Lieberman, en tournée électorale lundi dans des colonies juives près de Hébron, en Cisjordanie, s'est rendu au caveau des Patriarches, lieu saint pour les juifs comme pour les musulmans, une visite dénoncée comme une "provocation" par l'Autorité palestinienne, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie.

"La compétition israélienne est une course à l'effusion du sang palestinien, à l'extension de la colonisation et à l'expulsion des Palestiniens", a affirmé à l'AFP un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

"Il doit y avoir une nouvelle position palestinienne forte et unie dans le cadre d'un programme national unitaire pour relever ce défi israélien et protéger notre peuple, notre terre et nos lieux saints", a prôné le responsable du mouvement islamiste, au pouvoir dans la bande de Gaza, visée en novembre par une offensive israélienne.

Mahdi Abdelhadi, directeur du centre de réflexion Passia, à Jérusalem, déplore que la campagne électorale israélienne se caractérise par "une totale ignorance et une négation du processus de paix et de la solution à deux Etats".

Selon le dernier sondage mensuel du Peace Index, 60% des Israéliens sont favorables à une solution à deux Etats, mais une majorité (49,7% contre 47,2%) est opposée à tout démantèlement de colonie en Cisjordanie et plus encore (52,6% contre 44%) au transfert à un Etat palestinien des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est, deux des hypothèses de base des négociations de paix.

M. Netanyahu, qui fustige toute tentative de réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, a brandi à plusieurs reprises depuis le début de l'année le risque d'un coup de force du mouvement islamiste en Cisjordanie.

"Le Hamas peut prendre le contrôle de l'Autorité palestinienne d'un jour à l'autre", a ainsi affirmé M. Netanyahu le 3 janvier pour tempérer les minces espoirs de relance des négociations de paix lors d'un nouveau mandat.

Face à cette perspective, la réalisation de l'unité nationale palestinienne serait un signal fort, estime Mahdi Abdelhadi: "L'intégration du Hamas au système politique palestinien via la réconciliation serait un message clair aux Israéliens: +Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre+".

En outre, le statut d'Etat observateur à l'ONU acquis par la Palestine le 29 novembre lui permettrait de "se tourner vers la communauté internationale et la Cour pénale internationale (CPI) pour défier les Israéliens sur ce terrain", ajoute-t-il.

"Il y a 63 organisations internationales des Nations unies auxquelles nous avons le droit d'adhérer", a prévenu le 9 janvier Mahmoud Abbas, mentionnant explicitement la CPI, après une rencontre au Caire avec le chef du Hamas, Khaled Mechaal.

A court terme, les dirigeant palestiniens espèrent surtout une intensification des pressions internationales sur le gouvernement israélien pour lever le gel du transfert des taxes dues à l'Autorité, imposé en décembre à titre de sanction contre la démarche à l'ONU.

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