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Algérie : 12 otages seraient morts, dont des Algériens et travailleurs étrangers

18/01/2013 06:47 EST | Actualisé 20/03/2013 05:12 EDT

IN AMENAS, Algérie - La crise qui perdure depuis trois jours dans le désert du Sahara a connu un développement significatif vendredi, quand l'agence de presse officielle algérienne a révélé que près de 100 des 132 otages détenus par des extrémistes dans un complexe de production de gaz naturel avaient été libérés.

C'est le nombre d'otages le plus élevé jamais évoqué. Le sort de la trentaine d'autres otages demeurait alors incertain, et il n'a pas été possible de savoir comment le gouvernement en était arrivé à ce nouveau bilan du nombre d'otages, nettement plus élevé que le total de 41 travailleurs étrangers annoncé par les militants.

Par ailleurs, l'agence de nouvelles de l'Algérie a rapporté tard vendredi, selon un «bilan provisoire», que 12 otages avaient été tués depuis le début des opérations militaires algériennes visant à libérer des travailleurs kidnappés par des militants au complexe. L'agence APS a cité une source non identifiée des services de sécurité et précisé que les victimes incluaient des Algériens et des travailleurs étrangers.

Ce bilan des victimes serait deux fois plus élevé que celui que APS avait annoncé précédemment. L'APS avait aussi indiqué que 18 militants avaient été tués.

Cependant, la nouvelle à l'effet qu'environ 100 travailleurs étaient sains et saufs pourrait laisser croire à des développements dans cette confrontation, qui a pris naissance lorsque des militants ont pris le contrôle du complexe, tôt mercredi.

Le gouvernement de la France a fait savoir qu'un citoyen d'origine française avait perdu la vie à la suite du raid des forces algériennes. Le ministère des Affaires étrangères a identifié la victime comme étant Yann Desjeux, mais n'a donné aucune autre information à son sujet. Le ministère a ajouté que trois autres otages français avaient été libérés, mais n'a pas précisé si d'autres citoyens français demeuraient en captivité.

Les insurgés islamistes qui ont attaqué le complexe mercredi avaient précédemment offert d'échanger deux otages américains pour deux terroristes emprisonnés aux États-Unis, selon un communiqué reçu par un média mauritanien qui reçoit fréquemment des informations de la part d'extrémistes nord-africains.

De son côté, le département d'État des États-Unis a confirmé que certains Américains étaient toujours en otage en Algérie. Interrogée sur la présumée offre d'échange des militants, la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, a répondu que «les États-Unis ne négociaient pas avec les terroristes».

Ils réclamaient ainsi la libération d'Omar Abdel Rahman, qui a été condamné pour avoir planifié des attentats à New York, et d'Aafia Siddiqui, qui a été reconnu coupable d'avoir ouvert le feu contre deux soldats américains en Afghanistan.

Les militants affirment que les hélicoptères de combat qui ont ouvert le feu contre eux jeudi ont tué 35 otages et 15 rebelles. Ils ont ajouté détenir sept otages étrangers, selon l'agence de nouvelles mauritanienne ANI, qui dit avoir parlé à des militants vendredi.

Le secrétaire américain de la Défense, Leon Panetta, a prévenu vendredi que les terroristes qui s'en prennent aux États-Unis ne trouveront nulle part où se cacher.

«Les terroristes doivent savoir qu'ils ne trouveront pas de sanctuaire, pas de refuge, ni en Algérie, ni en Afrique du Nord, nulle part», a-t-il lancé.

Les employés pris en otage provenaient des quatre coins de la planète et plusieurs gouvernements se sont inquiétés de la gestion de la crise par les autorités algériennes et de leur hésitation à communiquer.

«C'est un site énome et elles (les forces algériennes) continuent à poursuivre les terroristes et possiblement certains des otages», a dit le premier ministre britannique David Cameron.

Il a ensuite ajouté que la situation demeure fluide et dangereuse, prévenant que «une partie de la menace a été éliminée dans un secteur du site, (mais) la menace persiste dans un autre secteur».

Les ravisseurs appartiennent au groupe Katibat Moulathamine («La Brigade masquée»), qui serait lié aux jihadistes qui contrôlent le nord du Mali. Les assaillants réclament que la France cesse son intervention militaire au Mali.

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