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Saïf al-Islam Kadhafi comparaît devant la justice libyenne pour la première fois

17/01/2013 10:42 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - Le fils de l'ancien dictateur libyen a fait sa première apparition jeudi devant un tribunal de Libye, où il est accusé d'atteinte à la sécurité nationale, de tentative d'évasion et d'insulte au nouveau drapeau du pays, a annoncé l'agence de presse officielle LANA.

Selon l'agence, l'audience de Saïf al-Islam Kadhafi a eu lieu à Zintan, dans l'ouest du pays, où il est détenu par des miliciens.

D'après le procureur général de Libye, Taha Baara, le fils de Mouammar Kadhafi a déclaré: «Seul Dieu me défendra».

Les accusations auxquelles il fait face sont liées à sa rencontre, en juin, avec une délégation de la Cour pénale internationale (CPI) accusée de lui avoir transmis illégalement des documents et une caméra dans sa cellule.

L'équipe de la CPI, composée de quatre personnes, a été arrêtée par les miliciens de Zintan. L'équipe a été libérée après que la CPI eut présenté ses excuses et promis d'enquêter sur l'incident.

La CPI a refusé jeudi de commenter ce qu'elle a qualifié de «procédure nationale».

Les procédures ont été ajournées au mois de mai afin qu'un avocat puisse être assigné à la défense de Saïf al-Islam, le plus important membre du régime Kadhafi à avoir été capturé vivant en 2011.

La délégation qui lui avait rendu visite en juin comprenait l'avocate australienne Melinda Taylor, qui représente Saïf al-Islam à la CPI, où il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour son rôle dans les attaques contre les civils au début du soulèvement populaire contre le régime dictatorial de son père.

L'ancien chef du renseignement Abdullah al-Senoussi, qui a été extradé de la Mauritanie l'an dernier, fait face à des accusations similaires devant la CPI.

Après sa libération, Mme Taylor avait déclaré que sa détention montrait que Saïf al-Islam ne pourrait avoir droit à un procès juste dans son pays.

Les miliciens de Zintan qui ont capturé le fils de l'ancien dictateur faisaient partie d'une coalition plus large qui a pris le contrôle de la capitale, Tripoli, en août 2011, mettant fin au règne de Mouammar Kadhafi. Le dictateur a été tué deux mois plus tard en tentant d'échapper aux forces révolutionnaires arrivées à Syrte, sa ville natale.

Selon des documents déposés à la CPI par les avocats de la défense, Saïf al-Islam Kadhafi veut être jugé à La Haye et estime qu'un procès en Libye équivaudrait à un meurtre.

«Il n'y aura certainement pas de justice si la poursuite s'appuie sur des preuves obtenues sous la torture», affirme-t-il dans les documents. «Je n'ai pas peur de mourir, mais si vous m'exécutez après un tel procès, vous devriez tout simplement parler d'un meurtre.»

Dans une lettre transmise jeudi à la CPI, le gouvernement libyen affirme que l'enquête sur les présumés crimes de guerres et crimes contre l'humanité commis par Saïf al-Islam Kadhafi et Abdullah al-Senoussi est presque terminée, et que les audiences préliminaires vont probablement commencer en février.

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