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«Oui je me suis dopé, tout est de ma faute»

17/01/2013 07:41 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Lance Armstrong a finalement avoué s'être injecté des drogues de performance afin de remporter le Tour de France, et ce à compter du milieu des années 1990.

L'Américain a fait cette révélation dans le cadre d'une entrevue qu'il avait accordée à Oprah Winfrey, lundi soir, peu de temps après s'être excusé auprès des dirigeants de sa fondation de lutte contre le cancer Livestrong.

Stoïque, Armstrong a entamé l'entrevue en admettant qu'il avait déjà consommé de l'érythropoïétine (EPO), de la testostérone et qu'il s'était déjà soumis à des transfusions sanguines.

À chacune des substances énumérées par Winfrey, il a simplement répondu «oui».

Il a cependant assuré à Winfrey qu'après son retour son retour à la compétition lors du Tour de France de 2009, il était parfaitement propre. Armstrong a ajouté que c'était également le cas en 2010, contrairement aux accusations qui circulaient à l'époque.

Des spécialistes antidopage avaient pourtant affirmé l'automne dernier que son passeport biologique, en vigueur lors des Tours de 2009 et 2010, présentait un profil compatible avec l'utilisation de transfusions sanguines.

Lorsque Winfrey lui a demandé pourquoi il avait accepté de participer à cette entrevue, Armstrong a répondu «je n'ai pas de bonne réponse». Il a ajouté, en demeurant très vague, «qu'il est trop tard pour de nombreuses personnes. Tout ça est de ma faute.»

Il a indiqué que le point de rupture avait été l'entrevue accordée par son ex-coéquipier Floyd Landis, en 2010, dans laquelle il a indiqué avoir vu Armstrong s'injecter des substances dopantes à de nombreuses reprises. Landis l'avait aussi qualifié à l'époque de «menteur», puisque Armstrong niait constamment s'être dopé.

L'Américain a par ailleurs nié avec véhémence qu'il ait échoué à un test à l'EPO au Tour de Suisse en 2001 et qu'il ait acheté des dirigeants de l'Union cycliste internationale (UCI) pour étouffer l'affaire.

«Le dopage existait avant moi»

Selon le principal intéressé, sa plus grande erreur aura été de ne pas avoir su stopper cette culture du dopage dans l'univers du cyclisme professionnel. Il a cependant indiqué que cette culture existait déjà, avant même son entrée sur le circuit.

Il a ajouté que sa volonté de gagner à tout prix a également été à l'origine du scandale qui a mené à la suspension que lui a infligée l'Agence antidopage américaine (USADA). Et qu'il aurait eu de bien meilleures chances de s'en tirer sans dommage s'il n'était pas revenu à la compétition en 2009.

Du même souffle, Armstrong a avoué être devenu un as de l'intimidation (bully) à partir du moment où il a commencé à se doper, même si ce trait de caractère a, de son avis, toujours fait partie de sa personnalité. Il aurait cependant été décuplé par sa popularité grandissante au fil des ans.

Lorsqu'on lui a rappelé qu'il avait été qualifié par le président et directeur général de l'USADA, Travis Tygart, de contributeur principal à un système perfectionné d'utilisation de drogues de performance conçu pour dominer le Tour de France (TDF), Armstrong a dit qu'il n'avait jamais contraint les coureurs de son équipe à se doper. Il a toutefois admis que le fait qu'il ait été placé en position d'autorité en étant le meneur de l'équipe US Postal Service pourrait avoir contribué à mettre de la pression sur ses coéquipiers.

Plus tôt jeudi, Armstrong s'est fait retirer sa médaille de bronze des Jeux olympiques de Sydney en 2000.

Le Texan de 41 ans avait déjà perdu ses sept titres du TDF l'an dernier, après qu'il eut été éclaboussé par des accusations de dopage. La deuxième partie de l'entrevue sera diffusée vendredi soir sur les ondes du réseau OWN.

De la fraude, juge l'AMA

Le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) a déclaré après la diffusion de l'entrevue que les explications offertes par Armstrong, qui a notamment dit avoir consommé des drogues de performance parce que la culture du dopage dans ce sport existait déjà, étaient simplement «une manière de justifier ce qu'il a fait -- de la fraude».

John Fahey, président de l'AMA, a déclaré à The Associated Press que l'affirmation d'Armstrong dans l'entrevue accordée à Oprah Winfrey selon laquelle il n'a pas triché selon lui quand il s'est dopé afin de remporter sept Tours de France «ne lui donne aucune crédibilité».

Fahey a ajouté: «Il a tort, il a triché et il n'y a aucune excuse pour ce qu'il a fait».

Fahey a ajouté que si Armstrong «cherchait la rédemption, il n'y est pas arrivé».

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