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Nucléaire iranien: seconde journée de négociations entre l'AIEA et l'Iran

17/01/2013 04:07 EST | Actualisé 18/03/2013 05:12 EDT

Les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et les responsables iraniens ont poursuivi jeudi leurs négociations à Téhéran sur un accord qui permettrait à l'AIEA d'enquêter librement sur la finalité du programme nucléaire controversé de l'Iran.

Au terme de "plusieurs réunions de travail" mercredi, les deux parties ont décidé de prolonger leurs discussions, sans donner de détail sur d'éventuelles avancées entre la délégation onusienne, menée par le Belge Herman Nackaerts, et l'équipe iranienne conduite par le représentant à l'AIEA Ali Asghar Soltanieh.

A Vienne, l'AIEA n'a pas fait de commentaire et des diplomates ont indiqué n'avoir reçu aucune information sur les discussions.

"Nous ne voulons pas pour l'instant spéculer sur la signification de ces prolongations", a expliqué à l'AFP un représentant occidental sous couvert d'anonymat. Pour un autre, "c'est plutôt un signe qu'ils ont besoin de plus de temps pour discuter dans le seul endroit où les deux parties ont l'autorité nécessaire pour s'accorder sur quelque chose".

Une précédente réunion à la mi-décembre n'avait duré qu'une journée, et chaque camp avait salué de "bonnes" discussions en vue d'un accord en janvier.

Les discussions, qui traînent depuis un an, portent sur la signature d'un "accord global", qui permettrait aux experts onusiens d'enquêter librement sur le programme nucléaire iranien, soupçonné d'avoir des visées militaires.

L'agence souhaite un accès plus large à certains sites, documents ou individus, et notamment à la base militaire de Parchin, soupçonnée d'avoir abrité des tests d'explosions conventionnelles susceptibles d'être utilisées pour déclencher une bombe atomique.

Téhéran a refusé jusqu'à présent certaines demandes de l'agence, qui vérifie déjà une large part de son programme, estimant qu'elles allaient au-delà de ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

L'Iran demande que l'AIEA reconnaisse "pleinement ses droits nucléaires", dont celui à l'enrichissement d'uranium, au centre du conflit avec la communauté internationale.

L'Iran a également écarté une visite à Parchin, qui n'a "aucun lien avec les activités nucléaires", et cette question doit être réglée par l'accord global.

L'AIEA et la communauté internationale redoutent que Téhéran, en dépit de ses dénégations répétées, ne cherche à se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

Cette réunion sera suivie avec intérêt par le groupe "5+1", interlocuteur de Téhéran sur le nucléaire iranien depuis 2009, avant une reprise prochaine de pourparlers politiques dans l'impasse depuis trois ans.

Le groupe, qui réunit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l'Allemagne, s'est accordé avec l'Iran sur une date, mais pas encore sur un lieu, selon la diplomatie iranienne.

Le programme nucléaire iranien a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité, dont quatre assorties de sanctions, renforcées unilatéralement par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le coeur du conflit porte sur l'enrichissement d'uranium par l'Iran, officiellement à des fins purement civiles. Les grandes puissances redoutent que les stocks et la technologie accumulés par Téhéran ne permettent de produire rapidement de l'uranium enrichi à plus de 90%, nécessaire à la fabrication de l'arme atomique.

Pour prouver sa bonne foi, Téhéran s'est dit mardi prêt à "enregistrer comme un document international" des déclarations présentées comme une "fatwa" (décret religieux) du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qualifiant l'arme atomique de "haram", c'est-à-dire interdite par l'islam.

bur-cyj/feb

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