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Mali: une ville à 144 km de la capitale mise en état d'alerte, la route fermée

17/01/2013 06:41 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Les forces spéciales françaises ont rencontré une forte résistance, jeudi, des jihadistes qui contrôlent le nord du Mali, au septième jour d'une offensive qui semble encore loin d'être gagnée.

Les troupes françaises se sont rapprochées d'une ville tenue par les insurgés, tandis que des soldats maliens sont arrivés en renfort dans une ville du centre du pays pour la protéger.

La petite ville de Banamba, à seulement 144 kilomètres de la capitale, a été mise en état d'alerte maximale durant la nuit. Un contingent d'environ 100 soldats maliens a été déployé dans la ville jeudi après que des témoins eurent affirmé avoir vu des jihadistes dans les environs, ont déclaré les autorités.

Ce serait la première fois que les rebelles islamistes se rapprochent autant de Bamako.

Banamba, située au nord-est de Bamako, est liée par une route secondaire à la ville de garnison de Diabaly, prise par les extrémistes plus tôt cette semaine. Après une nouvelle nuit de bombardements sur Diabaly, les troupes françaises au sol ont continué de se rapprocher de la ville jeudi.

Alors que les résidants de Diabaly continuaient de fuir vers le sud, les autorités ont annoncé l'état d'alerte, qui implique notamment la fermeture d'une importante route après le coucher du soleil. Les autorités tentent d'empêcher les jihadistes de s'infiltrer dans les villes plus au sud.

«À partir de 18 h, la route entre Ségou et Niono, l'autoroute M33, sera fermée» a déclaré le préfet de Niono, Seydou Traoré. «Aucune voiture, aucune motocyclette et aucun piéton ne sera autorisé à se déplacer, par mesure de sécurité.»

Ségou est l'une des plus importantes villes du Mali et la capitale administrative de la région centrale.

Un responsable municipal de Banamba, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser à la presse, a déclaré que les autorités avaient reçu des informations selon lesquelles un convoi de rebelles avait quitté Diabaly par la route et se dirigeait vers Banamba.

«Nous n'avons pas de base (militaire) ici, nous n'avons aucune défense. Alors des soldats sont venus pour sécuriser la ville», a-t-il dit. «Aucun jihadiste n'est entré dans notre ville. Mais certaines informations indiquent qu'une colonne (de véhicules rebelles) a été vue en train de se diriger vers nous à partir de Diabaly.»

La France, qui a lancé l'assaut vendredi, renforce ses capacités de jour en jour. Jeudi, 1400 soldats français étaient déployés sur le territoire malien, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

«Les actions des forces françaises, que ce soit des forces aériennes ou au sol, sont en cours», a dit M. Le Drian à Paris. «Elles ont eu lieu hier, elles ont eu lieu la nuit dernière, elles ont aujourd'hui et elles auront lieu demain.»

Après avoir rencontré les ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, le ministre malien des Affaires étrangères, Tieman Hubert Coulibaly, a déclaré qu'il était nécessaire de mobiliser «l'ensemble de la communauté internationale» pour aider le Mali et la région.

«Ce qui se passe au Mali est une menace mondiale», a dit M. Coulibaly lors d'une conférence de presse. «Rappelez-vous de ce qui s'est passé le 11 septembre», a-t-il dit, en référence aux attentats terroristes aux États-Unis. «Ce terrorisme peut se produire partout, n'importe quand, et frapper n'importe qui.»

La France reste pour l'instant le seul pays étranger à avoir déployé des troupes au sol, mais jeudi, un contingent d'environ 100 soldats togolais est arrivé à l'aéroport de Bamako. Des troupes du 1er Bataillon du Nigeria doivent arriver sous peu, mais on ne sait pas très bien si les soldats africains participeront à l'assaut au sol.

Les ministres européens des Affaires étrangères ont approuvé jeudi l'envoi d'une mission d'entraînement militaire au Mali, qui vise à former les soldats maliens et à leur fournir des conseils, mais qui ne participera pas aux combats.

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