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Le regard fixe, la mâchoire ferme, ça y est, Lance Armstrong avoue

17/01/2013 10:49 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

"Oui", je me suis dopé, "oui", c'était de l'EPO, "oui", j'ai été transfusé. Le regard bleu est fixe. La machoire se contracte légèrement. Le souffle est un peu court. Lance Armstrong avoue, enfin, face à l'animatrice Oprah Winfrey.

Deux fauteuils peu confortables de bois et cuir, un vague guéridon le long d'une baie vitrée aux rideaux jaunâtres, quelques vases insipides composent le décor de la confession publique la plus attendue de ces dernières années.

Un vrai décor impersonnel d'hôtel. Mais il s'agit bien d'un hôtel d'Austin, au Texas, bien loin du douillet salon de la maison personnelle où le champion avait posé, goguenard, sous les sept maillots jaunes du Tour de France qui venaient de lui être retirés.

L'ancien champion cycliste ne s'est pas ruiné en frais de toilettes. Pantalon bleu ressemblant vaguement à un jeans, chemise bleu au col ouvert, veste de costume bleue, boots.

L'essentiel est ailleurs, semble-t-on nous dire.

Oprah Winfrey, robe bleue elle aussi, attaque bille en tête et pose, dès les premières minutes de l'entretien, les questions que "tout le monde se pose", comme elle l'avait promis.

Un gros plan. L'ancien champion ne détourne pas le regard et répond "oui, oui, oui".

On entend presque soupirer de soulagement et de tension retenue les millions de téléspectateurs qui auront assisté à l'entretien, sur la chaîne de la célèbre animatrice OWN ou sur internet.

Ca y est. Il y a avoué, au terme d'une belle campagne de communication alimentée depuis des jours par des fuites savamment calculées.

Vont suivre ensuite les dizaines de questions qu'Oprah Winfrey, qui signe là un des plus beaux coups de ces dernières années, a préparé en "bachotant" son histoire du Tour de France.

Certains ont regretté que l'ancien champion n'ait pas choisi d'être interrogé par des journalistes, mais Oprah, l'air grave sans jouer les justicières, n'a pas démérité.

"Mais vous avez attaqué en justice des gens qui disaient la vérité !", lance-t-elle.

"C'est inexcusable", lance-t-il.

Sur le fond, les aveux sont sans ambiguïté.

Sur la forme, l'ancien septuple vainqueur de la Grande Boucle donne l'impression de contrôler parfaitement son discours, de dominer toujours la situation.

Une prestation sans émotions.

Le regard est toujours droit, la voix, toujours égale, ne faiblit pas.

Plus il dit qu'il regrette, et qu'il est "bien plus heureux maintenant", plus il se décontracte.

Il assure qu'il "n'avait pas l'impression de tricher".

Pendant quelques minutes, il donne même, sur un ton presque professoral, un cours de transfusion sanguine à "Oprah", comme il l'appelle régulièrement. L'animatrice, la main sur le menton, a l'air réellement intéressée par l'aspect technique de la question.

L'entretien, dont la deuxième partie sera diffusée vendredi, est entrecoupée d'images d'archives, et tout aussi régulièrement, par des publicités, pour des voitures, des lentilles de contact, des gaufres pour le petit déjeuner et des flacons de ... Mr Propre.

ff/jca

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