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Le Mali et l'Algérie nourrissent les craintes de Washington face à Al-Qaïda

17/01/2013 05:57 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Le conflit au Mali contre des islamistes et la prise d'otages en Algérie nourrissent les craintes des Etats-Unis qui redoutent depuis des mois une déstabilisation de l'Afrique du Nord par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Washington a certes toujours reconnu qu'Aqmi menaçait moins directement ses "intérêts vitaux" que ceux de l'Europe, mais "ce qui se passe au Mali et en Algérie représente un défi stratégique pour les pays d'Afrique du Nord, les Etats-Unis et la communauté internationale", a prévenu jeudi la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Elle a dénoncé "les terroristes, qu'ils se désignent sous le nom d'Al-Qaïda ou sous un autre, qui tentent de ruiner la paix et la sécurité des peuples de la région".

Au Mali en particulier, où la France intervient militairement depuis le 11 janvier, "l'instabilité (le coup d'Etat à Bamako et la prise du Nord du Mali par des islamistes en 2012, Ndlr) a offert aux terroristes une base opérationnelle et un refuge (...) et nous ferons tout ce que nous pourrons pour arrêter Aqmi", a martelé Mme Clinton.

Elle a assuré Paris de l'appui américain grâce à "des renseignement et du transport aérien".

Son collègue Leon Panetta, la patron du Pentagone, a été cette semaine encore plus clair: à l'instar de la lutte antiterroriste américaine contre Al-Qaïda au Pakistan, au Yémen ou en Somalie, "nous avons la responsabilité d'aller chercher Al-Qaïda où qu'il se trouve", a promis le secrétaire à la Défense en tournée en Europe, se déclarant "très inquiet de ce que peut faire Aqmi (...) au Maghreb et en Afrique du Nord".

La menace posée par cette filiale d'Al-Qaïda, perçue jusqu'ici à Washington comme relativement lointaine, a changé de dimension après l'attaque du 11 septembre dernier contre le consulat américain de Benghazi en Libye qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis.

Fin septembre aux Nations unies, Mme Clinton avait établi un lien indirect entre Aqmi au Mali et dans le Sahel et les miliciens islamistes responsables de l'attaque armée de Benghazi. Les Américains ont alors semblé prendre conscience de la montée en puissance d'Aqmi, renforcée par les prises d'otages et des stocks d'armes libyens détournés après la chute du régime du colonel Kadhafi en octobre 2011.

Avant même le dénouement de la spectaculaire prise d'otages sur un site gazier en Algérie, Mme Clinton a donné ordre de renforcer la sécurité des intérêts publics et privés américains au Maghreb et en Afrique du Nord, a annoncé la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland.

"Cela vaut non seulement pour la sécurité des fonctionnaires américains, mais le message s'adresse aussi aux ressortissants américains et aux entreprises américaines", a précisé la diplomate, ajoutant que "toutes nos ambassades et consulats (...) dans la région procédaient aujourd'hui à la révision" de leurs mesures de sécurité.

Le vice-président de la chambre américaine de commerce pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Lionel Johnson, a assuré que les entreprises américaines allaient être "vigilantes", rappelant que les pays de la région étaient en plein bouleversement politique, économique et social depuis le mouvement historique du Printemps arabe.

Il a évalué à "des milliards de dollars les investissements d'entreprises américaines (...) établies depuis des décennies sur des marchés qu'elles ne sont pas préparées à quitter".

nr/mdm

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