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Lance Armstrong avoue finalement son "grand mensonge"

17/01/2013 09:44 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Lance Armstrong a reconnu jeudi avoir gagné ses sept Tours de France en se dopant et s'est dit "désolé" pour ce "grand mensonge" qu'il a entretenu pendant plus de dix ans.

Dès le début de l'entretien qu'il a accordé à l'animatrice Oprah Winfrey, l'Américain a évacué une décennie de farouches dénégations d'un revers de la main en répondant par l'affirmative à la question de savoir s'il s'était dopé.

Le visage grave, il a jugé impossible, "à (s)on avis", de gagner sept fois le Tour de France d'affilée (1999-2005) sans se doper, lors de cette première interview depuis qu'il a été déchu en octobre de ses titres et radié à vie sur la base d'un rapport accablant de l'Agence américaine antidopage (Usada).

"Mon cocktail c'était l'EPO, les transfusions et la testostérone", a précisé le Texan de 41 ans, qui a ajouté qu'il avait aussi pris de la cortisone et des hormones de croissances, comme l'avait détaillé le rapport de l'Usada.

"Au début de ma carrière il y avait de la cortisone et ensuite la génération de l'EPO a commencé (...) dans les années 90", a-t-il dit, niant toutefois s'être dopé lors des Tours de France 2009 et 2010, lorsqu'il avait repris la compétition après une première retraite à l'issue du Tour 2005.

L'ancien cycliste a par ailleurs assuré qu'il n'avait jamais forcé ses équipiers à se doper. Mais "se doper faisait partie du boulot", a-t-il affirmé.

Après l'enregistrement de l'émission lundi, des fuites dans la presse avaient déterminé que l'Américain était passé aux aveux, sans en révéler la teneur.

Dans les 1000 pages du document de l'Usada, agrémentées des témoignages d'une dizaine d'anciens coéquipiers, Armstrong a été accusé d'avoir joué un rôle moteur dans le "programme de dopage le plus sophistiqué, professionnalisé et fructueux de l'histoire du sport" comme leader de l'équipe US Postal.

La Fédération internationale, indirectement mise en cause par l'Usada dans son rapport, a officialisé les sanctions et Armstrong n'en a pas fait appel.

Lorsque l'Usada l'avait mis en accusation en juin, à a suite d'une enquête entamée en 2010, l'Américain avait rejeté la possibilité de se défendre devant elle et avait voulu faire annuler la procédure par un tribunal fédéral.

Fin août, l'ancien cycliste avait indiqué qu'il jetait l'éponge et ne se défendrait plus contre les accusations de dopage. L'Usada l'avait alors sanctionné, invalidant ses résultats depuis le 1er août 1998 et le radiant.

Ses sponsors, dont Nike, l'avaient abruptement quitté et Armstrong avait dû couper les ponts avec Livestrong, la fondation de lutte contre le cancer qu'il avait fondée en 1997 après avoir vaincu la maladie.

Ces aveux exposent Lance Armstrong à des risques de poursuites par le gouvernement américain.

Le Texan, qui doit rembourser les primes de course touchées pendant son règne, est déjà menacé par deux procès au civil (par l'hebdomadaire britannique Sunday Times et l'assureur américain SCA Promotions) pour des sommes qui au total dépasseraient 10 millions de dollars et il pourrait maintenant être assailli par d'anciens parraineurs ou partenaires estimant avoir été dupés.

Coïncidence, c'est le jour même de ces aveux télévisés que le Texan a perdu une autre ligne à son CV sportif: jeudi matin, le Comité international olympique lui a demandé de rendre sa médaille de bronze du contre-la-montre des Jeux de Sydney en 2000.

Autre coïncidence: c'est également ce jeudi que le Tour de France, l'épreuve qui l'a rendu célèbre, présentait le départ de son parcours 2014, à Leeds, en Angleterre. "Nul n'aurait imaginé des aveux publics", a reconnu au passage le directeur du Tour, Christian Prudhomme. Mais "pour nous, Lance Armstrong, c'est déjà du passé".

bpe/jca

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