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L'Algérie entraînée dans le conflit malien

17/01/2013 05:13 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

L'Algérie était entraînée malgré elle dans le conflit malien avec une prise d'otages d'étrangers par un groupe lié à Al-Qaïda en représailles au soutien logistique algérien à l'intervention française au Mali voisin.

Les autorités algériennes, qui ont longtemps plaidé pour un règlement politique au Mali, ont autorisé le survol de leur territoire par des avions de l'armée française intervenue pour aider les troupes maliennes à repousser une offensive des radicaux islamistes y compris Al-Qaïda venus du nord malien.

L'attaque du groupe islamiste armé s'est produite mercredi contre le complexe gazier d'In Amenas, exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach, dans le centre-est de l'Algérie, près de la frontière libyenne. Plusieurs Occidentaux font partie des otages.

"Cette attaque n'est pas seulement un avertissement aux pays Occidentaux mais aussi à l'Algérie qui a ouvert son espace aérien à l'aviation militaire française", a commenté Chafik Mesbah, ex-officier de l'armée algérienne, dans une interview au quotidien Echorouk publiée jeudi.

"C'est un coup dur pour l'Algérie. L'objectif pourrait être celui d'entraîner l'Algérie dans la guerre engagée par la France au Mali", écrit le quotidien francophone Liberté.

"Il pourrait être le message d'un début de représailles contre l'Algérie après l'autorisation de survol de son territoire par les Rafale français et la caution à l'opération militaire au Mali", ajoute-t-il.

Les ravisseurs ont exigé jeudi le retrait de l'armée algérienne qui encercle le complexe pour permettre des négociations.

"Nous demandons le retrait de l'armée algérienne pour permettre de lancer des négociations", a affirmé l'un d'eux, en se présentant sous le pseudonyme d'Abou al-Baraa, sur la chaîne du Qatar Al-Jazeera, ajoutant que des soldats algériens avaient tiré en direction du site, blessant un otage japonais.

Abou al-Baraa a assuré que le nombre des otages "tourne autour de 41" et appartenaient à une douzaine de pays: Norvège, France, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Roumanie, Colombie, Thaïlande, Philippines, Irlande, Japon, Corée du sud et l'Arménie (bien Arménie).

Les autorités françaises ont affirmé jeudi ne pas avoir confirmation de la présence de Français parmi les otages en Algérie.

Concernant les demandes des ravisseurs, Abou al-Baraa a indiqué que son groupe était "entré en contact avec sa direction au Mali" et que sa principale demande était d'échanger "nos prisonniers contre les leurs", en référence aux otages détenus sur le site et au Mali.

"L'opération est également un message politique fort à l'Algérie concernant ses positions intransigeantes sur les moujahidine et un message aux autres pays voisins", a encore déclaré Abou al-Baraa avec un fort accent algérien.

Un Britannique, un Irlandais et un Japonais, présentés comme des otages en Algérie, se sont relayées ensuite sur Al-Jazira pour répéter la demande principale des ravisseurs, qui est le retrait de l'armée algérienne du site.

Le ministre algérien de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, a exclu mercredi toute négociation avec les ravisseurs, après avoir annoncé que l'attaque avait fait deux morts: un Britannique et un Algérien et six blessés -deux Britanniques et un Norvégien, et trois membres de la sécurité algérienne.

Le groupe qui se fait appeler les "Signataires par le sang" a revendiqué mercredi la prise d'otages, dans un communiqué publié par le site mauritanien Alakhbar. C'est le nom que l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a donné à son unité combattante.

"Nous annonçons avoir réussi une attaque de taille en réaction à la croisade menée par les forces françaises au Mali", indique-t-il. "Nous affirmons que les otages sont plus de 40 Croisés, dont 7 Américains et 2 Britanniques, parmi d'autres nationalités".

Londres a dénoncé le "meurtre de sang froid" du Britannique. Washington et Tokyo ont confirmé la présence d'Américains et de Japonais parmi les otages.

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