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La prise d'otages sanglante sur un site gazier en Algérie

17/01/2013 01:51 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Rappel des principaux développements de la prise d'otages dans le sud-est désertique de l'Algérie par un groupe proche d'Al-Qaïda disant agir en représailles à l'intervention militaire française au Mali.

Selon le Premier ministre algérien, qui a fourni lundi un bilan provisoire, au moins 37 étrangers, un Algérien et 29 assaillants ont été tués. Cinq étrangers sont portés disparus.

--JANVIER 2013--

- 16: A l'aube, des islamistes fortement armés attaquent un bus d'expatriés sur un site gazier de la compagnie pétrolière publique Sonatrach opérant conjointement avec BP et Statoil, à Tiguentourine, à 40 km d'In Amenas près de la frontière libyenne (sud-est). Un Britannique et un Algérien sont tués.

Les islamistes prennent ensuite en otages plusieurs centaines d'Algériens et d'étrangers, des Occidentaux et des Asiatiques.

L'attaque intervient au 6e jour de l'intervention militaire française contre les islamistes au Mali.

Un groupe islamiste armé, les "Signataires par le sang", revendique la prise d'otages, réclamant notamment "l'arrêt de l'agression" au Mali. Ce groupe a été fondé par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Des otages algériens sont libérés par petits groupes.

- 17: Un porte-parole des ravisseurs demande le retrait de l'armée algérienne, qui encercle le site, "pour permettre de lancer des négociations". Des otages algériens et 15 étrangers réussissent à s'échapper.

Dans l'après-midi, l'armée algérienne donne l'assaut contre le site gazier. Alger justifie le recours à la force en expliquant que les islamistes voulaient "quitter l'Algérie en emmenant avec eux les otages étrangers". APS rapporte que le raid n'a permis de contrôler que la "base de vie" du complexe où se trouvait la majorité des otages. Le complexe lui-même est toujours encerclé.

- 18: Le chef du groupe islamiste demande à la France de "négocier" la fin de la guerre au Mali et propose de libérer "les otages américains" contre des islamistes détenus aux Etats-Unis. "Les Etats-Unis ne négocient pas avec les terroristes", dit Washington.

- 19: En milieu de matinée, les forces spéciales algériennes lancent l'assaut final. Selon un bilan provisoire officiel, 21 captifs ont péri durant les quatre jours de prise d'otages et les forces algériennes ont libéré des centaines d'otages.

Le président français François Hollande affirme que l'Algérie a eu "les réponses" les "plus adaptées" car "il ne pouvait y avoir de négociation" avec les preneurs d'otages. Le président américain Barack Obama estime que les "terroristes" sont les responsables de la mort des otages.

- 20: La télévision privée algérienne Ennahar et le quotidien francophone El-Watan annoncent respectivement la découverte de 25 et 30 nouveaux morts sur le site.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, parle d'"un acte de guerre" en raison du nombre de personnes retenues.

L'attaque a été menée par 40 jihadistes de pays musulmans et européens, affirme Mokhtar Belmokhtar.

Le groupe jihadiste promet "plus d'opérations pour tous les pays ayant pris part à la croisade" au Mali.

Des rescapés de l'attaque d'In Amenas livrent un récit effrayant, parlant d'otages transformés en bombes vivantes et en boucliers humains, terrés pendant des heures pour tenter d'échapper au commando ou exécutés sommairement.

Les dirigeants internationaux font porter l'entière responsabilité du carnage aux "terroristes", laissant de côté les critiques exprimées dans un premier temps par certains sur les méthodes algériennes.

- 21: Le Premier ministre algérien annonce lors d'une conférence de presse à Alger que 37 étrangers de huit nationalités et un Algérien ont été tués. Ce bilan est provisoire, cinq étrangers étant toujours portés disparus. 29 preneurs d'otages ont été tués et trois arrêtés, indique le Premier ministre, selon lequel "les 32 terroristes sont venus du nord du Mali".

acm/bc/cnp

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