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La gigantesque prise d'otages sur un site gazier en Algérie

17/01/2013 10:24 EST | Actualisé 19/03/2013 05:12 EDT

Il est 05H00 locales mercredi quand des islamistes armés attaquent un bus d'expatriés sur un site gazier du sud-est de l'Algérie, abat deux hommes, se replie dans le complexe prenant 41 étrangers en otages, sous le feu des forces de sécurité.

L'attaque a été menée par "un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules" dans la base vie, selon une source officielle.

Un Britannique et un Algérien sont tués, six personnes sont blessées, dont trois étrangers.

Les assaillants ont visé un site de la compagnie pétrolière publique Sonatrach opérant conjointement avec BP et Statoil, à Tigantourine, à 40 km d'In Aménas tout près de la frontière libyenne, dans le sud-est désertique.

Les victimes ont été atteintes lors de la première phase de l'attaque qui vise un bus transférant des étrangers du complexe d'hébergement du site vers l'aéroport d'In Aménas.

Repoussés par des unités d'escorte, les islamistes armés reculent vers la base vie, l'investissent en partie et prennent en otages les étrangers et plusieurs dizaines d'employés algériens.

Un porte-parole des ravisseurs affirme à l'AFP par téléphone que l'attaque est menée par des combattants d'Al-Qaïda venus du nord du Mali. "Nous appartenons à la brigade Khaled Aboul Abbas, Mokhtar Belmokhtar" qui avait "menacé de riposter à toute intervention militaire au Mali".

La France en est à son sixième jour d'intervention contre les islamistes dans ce pays du Sahel et l'Algérie a autorisé ses chasseurs à survoler son territoire.

Un porte-parole des ravisseurs affirme à l'Agence Nouakchott Information que "7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais" sont pris en otages précisant que 5 sont dans l'usine et 36 autres sur le site d'hébergement.

C'est en "réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française", dit-il.

En France, l'entreprise CIS Catering annonce que 150 employés locaux sont otages sur le site.

Mercredi soir, des sources préfectorales annoncent la libération d'otages algériens par petits groupes.

Le ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia dit que les assaillants du groupe de Belmokhtar sont une "vingtaine d'hommes de la région" qui veulent sortir du pays avec des otages.

Les autorités "ne répondront pas aux revendications des terroristes et refusent toute négociation", affirme-t-il. L'armée et les services de sécurité les encerclent.

Dans un communiqué, les ravisseurs réclament notamment "l'arrêt de l'agression" au Mali.

Après une nuit de face à face, un porte-parole des ravisseurs demande sur la chaîne satellitaire Al-Jazeera "le retrait de l'armée algérienne pour permettre de lancer des négociations".

Jeudi, 30 otages algériens échappent à leurs ravisseurs, selon la préfecture d'Illizi. Une information de la télévision privée Ennahar faisant état de la fuite de 15 étrangers, dont des Français, n'est pas confirmée.

Une "opération est en cours" sur le site gazier, indiquent dans l'après-midi plusieurs capitales européennes.

Trente-quatre des otages et 15 de leurs ravisseurs ont été tués au cours d'un raid de l'armée algérienne, a affirmé un porte-parole du groupe auteur du rapt à l'agence mauritanienne Nouakchott information (ANI).

Sept otages occidentaux, dont deux Américains, sont toujours en vie, selon la même source.

L'agence algérienne APS annonce la libération de 600 otages algériens par l'armée.

bmk/sw/feb

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